Visite guidée dans les faubourgs Bizienne et Ste Anne

Combien de fois traversons-nous les faubourgs guérandais sans prendre le temps d'observer les maisons chargées d'histoire qui font leur charme ?

Le dimanche 19 février 2012 une visite organisée par l'Office de Tourisme nous faisait entrer dans l'univers des faubourgs. Le rendez-vous était fixé sur la petite place du Calvaire du faubourg Bizienne où Audrey, notre guide, commence par un résumé de l'histoire des faubourgs guérandais :

faubourg bizienne

"Guérande compte trois faubourgs datant du Moyen-Age : le faubourg Bizienne, le faubourg St Armel et le faubourg St Michel, le faubourg Ste Anne, le plus récent, date quant à lui du 19ème siècle. Les faubourgs avaient une importance à la fois statégique et économique au Moyen-Age. Ils se construisaient autour d'un lieu de culte : la Chapelle de la Trinité, disparue aujourd'hui, fut à l'origine du faubourg Bizienne, le calvaire nous rappelle son emplacement. Derrière la chapelle se trouvait le cimetière.

calvaire faubourg bizienne

- D'où vient le nom Bizienne ?" demande l'un des participants,

- On suppose que c'était le nom d'une famille guérandaise, mais on a très peu de traces du Moyen-Age. Pas d'écrits mais dans différentes maisons ont été réutilisés des éléments des anciennes constructions, ici un pas de porte sculpté qui était auparavant la partie haute d'une lucarne, là une tête apparaissant au milieu des pierres du mur..."

pas de porte tête sculptée

 

"Le couvent St Yves occupait une place prépondérante à cette époque, il était habité par les frères dominicains. Les Chanoines de la médiévale ne voyaient pas d'un très bon oeil cette installation car le Duc de Bretagne avait prélevé une partie de leurs terres pour la construction de ce couvent qui fut terminé en 1441. Le Manoir de la Touche le bordait. Lors de la révolution française, les biens de l'église ont été détruits.

Dans les faubourgs se tenaient de nombreuses foires. Fin juin, lors de la Fête de St Pierre et St Paul, les marchands de Guérande vendaient leurs produits. Durant la foire franche on ne payait pas de taxes, c'était une aubaine ! Allons maintenant regarder de plus près les différentes demeures du faubourg."

maisons jumelles

"Les maisons jumelles comme celles-ci étaient fréquentes, frères ou cousins construisaient ensemble afin d'économiser : un même toit, un mur en moins."

 

maison bizienne maisons bizienne

 

 

"Ici des habitats modestes, avec alignements de maisons : pas d'étage, une seule pièce, une porte et une fenêtre. C'était le mode d'habitat traditionnel des paludiers, on voit de ces petites maisons au bord des marais-salants. Avant les ardoises, le toit était en chaume. La lucarne est située juste en dessus de la porte d'entrée afin que l'écoulement des eaux se fassent sur le côté de la porte."

toits en coyau

 

 

 

 

"Les toits sont en pente légèrement relevée, on dit aussi "en coyau", cela empêchait la pluie de tomber sur le devant de la maison.Le pignon est débordant."

maison bizienne maison bizienne

Nous avançons ensuite vers le bas du faubourg, en direction des remparts. On s'arrête afin d'observer les demeures bourgeoises, habitées par les gens "de condition", saulniers, tisserands, artisans...

maison Chelet

La maison du fils Chelet est un exemple d'habitat éclectique. Différents styles s'y mêlent :

- l'art nouveau, avec ses formes rondes, ovales, sensuelles, le portail en fer forgé,

- l'art mauresque, visible sur la lucarne centrale,

- le style balnéaire pour les lucarnes, les pignons débordants,

- et à l'intérieur l'art déco, en réaction à l'art nouveau.

maison père Chelet

 

 

 

Deux maisons plus loin, la demeure du père Chelet, construite en 1911 : "On devine bien l'emplacement de la chambre du maître avec ses bow windows et la lucarne plus importante au-dessus."

"Les batiments de l'entreprise Chelet (scierie et charbon) se trouvent juste à côté, avec leur style industriel, regardez les briques qui entourent les fenêtres. L'entreprise, gérée actuellement par la 4ème génération, a été transférée il y a quelques années dans la zone Villejames et on parle maintenant de construire des logements sociaux à la place des anciens bâtiments."

De l'autre côté de la rue, imposant, le Collège St Jean Baptiste a lui aussi son histoire puisque durant la 1ère guerre mondiale le bâtiment a servi d'hôpital. Pendant la seconde guerre mondiale les allemands l'ont réquisitionné. Deux ailes plus modernes ont été rajoutées depuis.

Nous nous dirigeons ensuite vers le faubourg le plus récent de Guérande, le faubourg Ste Anne qui a vu le jour seulement au 19ème siècle. En effet avant, la porte vannetaise était fermée afin de préserver la tranquilité des chanoines. Quand elle fut ouverte, le faubourg a pu se développer autour de... la gare de Guérande.

"A quoi peut-on deviner qu'il y a eu une gare ici autrefois ?" nous demande Audrey,

- Parce qu'on peut voir sur cette place plusieurs cafés, un hôtel des voyageurs..."

place ste Anne place ste anne

Dans la rue Aristide Briand, des maisons modestes ont pu être construites en 1920, grâce à la loi Loucheur qui finançait ce genre de constructions pour aider les gens pauvres à se loger.

De l'autre côté, en direction d' Athanor, on observe des demeures dont l'architecture rappelle un peu le balnéaire, l'art nouveau, cela ne ressemble plus du tout à ce qu'on a pu voir dans le faubourg bizienne, les styles sont différents.

"On utilisait de la brique, les maisons sont plus espacées, il y a même quelques jardins."

faubourg ste anne faubourg ste anne

 

Nous arrivons derrière Athanor, sur l'ancien emplacement de la gare principale :

"Il y avait deux lignes, l'une venait de Paris, l'autre du Morbihan, une ligne secondaire dont la gare était située à l'emplacement des bâtiments de la gendarmerie. Après le transport des voyageurs ce fut celui des marchandises avant de s'arrêter définitivement en 1963. Vous empruntez l'ancienne voie lorsque vous roulez sur vélocéan vers la Baule."

ancienne garePhoto : bâtiment datant de l’époque de la gare.

 

Une visite très intéressante pendant laquelle on aura appris à mieux connaître nos faubourgs, la différence entre les plus anciens et le plus récent, les différents styles des maisons selon l'époque mais aussi selon le fait qu'elles appartenaient à des classes sociales différentes.

Après une visite comme celle-ci on ne regarde plus de la même façon les vieilles pierres qui ornent les murs des demeures guérandaises.

Programme des visites guidées de l'office de tourisme de Guérande

 

 

 

 

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Date de dernière mise à jour : 23/01/2014