Introduction du livre "Paroles indiennes", de Michel Piquemal

Il y a quelques jours je suis tombée sous le charme d'un livre "Paroles indiennes", textes et photos d'indiens d'Amérique du Nord recueillis par Michel Piquemal. Photos d'Edward S.Curtis.

Je n'ai pas pu m'empêcher d'y trouver un lien très fort vers ce qui se vit actuellement sur la Zad de Notre Dame des Landes.

Comme pour toutes les luttes inégales, entre ceux dont les choix de vie sont proches de la nature et ceux qui veulent imposer la loi de l'argent et un drôle de progrès à son service.


Introduction de Michel Piquemal

Tirée du livre « Paroles indiennes », textes indiens d’Amérique du Nord, aux éditions Albin Michel, collections « Carnets de sagesse ».

Notre monde occidental a pour règle de juger le génie des civilisations à l’ampleur des traces qu’elles laissent derrière elles : monuments, églises, fortifications militaires etc… A cette aune-là, la civilisation indienne ne pèse pas bien lourd et sa disparition peut paraître un détail de l’Histoire.

Pourtant ces peuples ont parlé avant d’être définitivement vaincus. Et nous restons confondus devant ces brides de voix et ce qu’elles laissent présager de leur spiritualité>.

Ces hommes (qui ne bâtissaient ni pyramides ni cathédrales) avaient trouvé leur juste place dans le cosmos, au sein d’une Nature qu’ils respectaient et adoraient. Ils ne cherchaient pas à accumuler richesses et bien-être, mais à se forger une âme forte en harmonie avec le monde. Savoir s’intégrer respectueusement à l’univers des forêts ou des plaines, savoir reconnaître l’étincelle du sacré dans chaque parcelle de vie… voilà l’essentiel de leur philosophie.

Quand on sait la cupidité qui animait les conquérants venus d’Europe, on comprend que le dialogue était impossible entre deux manières aussi opposées d’envisager l’existence. Cependant, face à l’avancée impitoyable des colons, les indiens d’Amérique ont sans cesse recherché un consensus qui leur permettait de continuer à vivre en paix selon leur antique manière… Mais pour l’homme blanc, il n’y avait pas de consensus possible en dehors de la déportation et de l’extermination. Et c’est sans doute là l’un des aspects les plus poignants des textes de ce livre « Paroles indiennes » : des hommes cherchant à s’expliquer, à se faire comprendre face à des sourds qui ne veulent pas entendre… et qui préjugent orgueilleusement de leur qualité de « civilisés » pour s’arroger tous les droits.

On sait à quel cortège de crimes (massacres, spoliations, traités signés et aussitôt bafoués…) la confrontation a donné lieu. Mais il n’est plus temps de pleurer sur l’anéantissement physique du monde indien, il n’est plus temps de rager sur un génocide aussi abominable que stupide ; l’urgence est aujourd’hui de s’interroger sur ce que leur spiritualité (que l’on retrouve vivace au travers des écrits du livre) peut apporter à l’avenir de l’homme.

Face au désarroi dans lequel se trouve plongé notre monde matérialiste, la sagesse indienne apparaît comme une source toujours vive.

Paroles indiennes - Michel Piquemal

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"Qu'est-ce-que la vie ?

C'est l'éclat d'une luciole dans la nuit.

C'est le souffle d'un bison en hiver.

C'est la petite ombre qui court dans l'herbe

et se perd au coucher du soleil."

Crowfoot, chef Blackfeet (1821-1890)

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"Quand tu te lèves le matin,
remercie pour la lumière du jour,
pour ta vie et pour ta force.
Remercie pour la nourriture
et le bonheur de vivre.
Si tu ne vois pas de raison de remercier,
la faute repose en toi-même."
Tecumseh, chef Shawnee (1768-1813)
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Date de dernière mise à jour : 25/02/2013