Des vaches Highlands sur les landes du littoral

En longeant la petite route qui borde la forêt de Pen-Bron direction La Turballe, j'aperçois trois bovins ne ressemblant pas du tout à ceux qu'on voit habituellement dans nos prairies bretonnes : des Highlands, vaches écossaises reconnaissables à leur robe rouge aux poils longs et à leurs longues cornes recourbées vers le ciel.

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Ces highlands appartiennent à un couple d'éleveurs d' Assérac, Guillaume Elléouët et Céline Geslin. Elles ont été choisies pour leur rusticité et leur utilité écologique. En effet, installées depuis peu sur les landes autour de Pen-Bron, elles les entretiennent par un pâturage assez sélectif sur la végétation, favorisant donc le développement d'une mosaïque d'habitats naturels.

Le site de Pen-Bron est géré par le conservatoire du littoral et le département de Loire-Atlantique pour assurer une gestion raisonnée.

Quelques jours plus tard je me rends sur la ferme bio de Guillaume et Céline, EARL Le grand large, afin d'en savoir plus sur ces sympathiques animaux :

"Elles sont sur trois hectares à cet endroit, à l'avenir peut-être y aura-t-il un autre parc pour pouvoir alterner les deux suivant ce qu'il y a à manger afin de laisser reposer un peu les petites parcelles. Elles mangent de tout, c'est l'intérêt de la race Highland, de l'herbe, de la ronce, du saule, du lierre, tout ce qui est légumineuse, les ajoncs, les jeunes pousses de genêt... elles sont intéressantes pour ça car elles débroussaillent, entretiennent des zones. On les a fait venir d'Ecosse en mai 2011, 6 mères de 8 mois et le mâle, depuis elles ont eu des petits. Je voulais qu'elles viennent toutes d'Ecosse, d'un seul endroit,  l' Isle de Bute (Inchmarmock) pour limiter les risques au niveau sanitaire."

"A Pen-bron on en a installé trois, au départ elles étaient deux mais on ne les voyait pas beaucoup car elles étaient souvent cachées sous les feuillus. Comme il y a de largement de quoi les nourrir, on en a mis une troisième. Elles vont faire des va-et-vient, dès qu'il n'y aura plus à manger on ira les chercher pour les ramener chez nous."

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Céline m'emmène ensuite dans l'étable où sont installés, outre les veaux et génisses Prim'Holstein, 5 jeunes Highlands, de très beaux animaux ressemblant à des nounours :

hyaya-dans-les-joncs-2-jpg.jpg"Voilà nos bébés. Ils sont là parce qu'on les a sevrés de leur mère, à 7 mois, ils sont nés entre le 28 avril et le...14 juillet 2012. Au printemps de cette année il y en aura 5 autres. On garde les femelles pour monter notre troupeau, on changera notre mâle dans 3 ans. On les a pris au départ parce que c'est une qualité gustative de viande exceptionnelle avec un goût particulier entre la vache et le bison, une des meilleures au monde ; cela tient à leur nourriture très variée, c'est aussi la plus faible en cholestérol."


Durant le temps de la visite les petits Highlands restaient très calmes, pendant qu'on entendait meugler à côté les Holstein.

"On les sent un peu comme des poneys, ils "réfléchissent" avant de changer de pâture, ils ne vont pas spontanément foncer, ils sont posés, ils prennent le temps, ils comprennent finalement que cela peut être bien pour eux et... ils y vont ! Quand ils naissent ils sont hyper-rustiques, dès leur naissance ils vont se lever, aller têter leur mère, on sent qu'ils ont de l' énergie... en même temps ils sont très calmes et très attachants. La plus grande, Hyaya, elle emmenait tous les copains en balade sur la route, ils prenaient des trous de souris et tout le monde suivait, la toute petite derrière, on rigolait !"

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Parmi ces jeunes Highlands, quelques-uns partiront du côté de la Marche aux Boeufs, sur la lande le long du sentier qui longe la falaise entre Pen-bé et Pont-Mahé, sur un hectare de terres actuellement envahies par des prunelliers. Il y aura aussi une dizaine de moutons à partir de cet été.

"Le conservatoire du littoral est venu nous voir quand ils ont vu qu'on avait des Highlands et nous ont proposé de passer un accord pour faire de l'entretien de parcelles. On a accepté car on est déjà en bio et qu'on est dans cette optique-là. Pour Pen-Bron c'est le Conservatoire du littoral qui a pris en charge la clôture, la mise à disposition de l'éco-garde, Ludovic Noisette, pour surveiller nos Highlands tous les jours (elles vont vêler...et puis on a besoin de savoir qu'elles vont bien), la mairie d'Assérac prend en charge l'eau...  nous  on amène les animaux, on gère la prophylaxie (prise de sang à faire tous les ans pour savoir s'ils ont une maladie), on paye un petit fermage. Cela nous arrange aussi car cela nous fait de la visibilité. On s'est mis d'accord  pour ne pas mettre trop d'animaux sur la parcelle car c'est protégé et voir ensemble l'évolution du travail des Highlands. Pour la suite, à Pen-Bé, c'est le Conservatoire du littoral qui nettoiera le terrain car ce n'est plus de notre ressort au niveau agricole, Guillaume ressèmera derrière une herbe résistante, normalement une fétuque, adaptée aux sols marins, semi-humides et on prendra en charge à nos frais la clôture, il y a toujours un arrangement."

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9-coq-coucou-de-rennes.jpgDans la ferme Le grand large, outre l'élevage des Highlands et des Holsteins, on peut voir des poules, de la race "coucou de Rennes" (une race entre le poulet de chair et la poule pondeuse, préconisée par beaucoup de restaurateurs pour sa qualité de chair exceptionnelle) et les très belles "Nègre Soie", heureuses de courir en totale liberté et rentrées au poulailler le soir (pour éviter l'écatombe avec le renard !). Juste à côté une autre cabane abrite deux "chèvres des fossés" dont l'utilité est double, lait et débroussaillage :



7-ombelline-chevre-des-fosses.jpg"La chèvre des fossés était utilisée par les paysans pour entretenir les fossés, d'où son nom ; c'était la chèvre du pauvre, les paysans buvaient son lait plutôt que de boire celui de leurs quelques vaches qui étaient revendues. C'étaient les enfants qui étaient chargés de garder ces chèvres-là. Elles sont très rustiques, supportent la pluie et mangent de tout : ce sont elles qui ont débroussaillé toutes les buttes qu'on voit là, depuis septembre 2012, avant ce n'était que des ronces partout ! Elles ont mangé tout le lierre des arbres, je déplace la clôture électrique au fur et à mesure.

Beaucoup utilisent la chèvre des fossés en éco-pastoralisme, c'est une race adaptée pour ça !"

 

L'éco-pastoralisme, un bel exemple à suivre pour l'entretien des zones difficiles, des landes, des prairies...

Céline parle de son métier d'agricultrice et de ses animaux, avec passion, on sent qu'elle les aime vraiment. Cela m'a fait vraiment plaisir de voir des animaux de ferme heureux et bien traités comme ceux-ci ! Céline et Guillaume attendent maintenant un permis pour pouvoir vivre sur leur exploitation, la loi sur le littoral (à 3 kms de là) ne leur a pas facilité les choses et ils sont contraints depuis leur installation, il y a trois ans, à des aller-retour. On ne peut que leur souhaiter que ce permis leur soit accordé le plus rapidement possible.

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Parmi les photos, certaines ont été prises par Céline Geslin (notamment celles des très jeunes Highlands)

 


Commentaires (4)

Anne
  • 1. Anne | 21/07/2016
Super, votre site. Il m'a permis de d'identifier et d'en savoir plus sur les drôles de vaches que j'avais croisées en Ardèche (au dessus de Desaignes). Merci beaucoup.
Colombel
  • 2. Colombel | 14/02/2013
Quel plaisir de lire votre passion et votre réussite....on la connaît, mais il est bon de la faire connaître au monde entier. Merci internet. Bisous. Mamou et daddy
Fonteneau Vitré
  • 3. Fonteneau Vitré | 06/02/2013
Salut les amis,
On suit votre aventure avec passion!
...Et de plus, vos produits de la ferme sont délicieux!
Continuez!!!
Bises,
Annette Michaels
  • 4. Annette Michaels (site web) | 06/02/2013
Tres fiere de toi ,Celine, et Guillaume...Will come visit next trip in France ! Bisous a vous tous XOXO Tata Annette

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Date de dernière mise à jour : 26/03/2016