Rassemblement pour un logement pour tou.te.s

Texte lu durant le rassemblement

Nous nous rassemblons aujourd'hui autour de l'appel « Un ti da bep hini / un logement pour toutes et tous en Bretagne », initié par une quinzaine d'organisations, partis, associations et ou collectifs.

Logement pour tou.te.s

Ce rassemblement est la déclinaison locale d'une mobilisation à l'échelle de la Bretagne à laquelle nous souscrivons à un moment où les inégalités d'accès au logement touchent de plus en plus d'habitants.

La mobilisation pour le logement de ce week-end ne saurait se résumer à une problématique de riches propriétaires dont l’on devrait taxer les biens si la loi évoluait dans le bon sens ou de régulation d’achat de résidences de types secondaires à long termes.

L'envolée des prix du marché immobilier, bien réelle sur la presqu’ile guérandaise, nous oblige à innover pour garantir à tous et toutes l'accès à un logement décent.

Comment ne pouvons nous pas penser ici à Guérande aux jeunes paludiers et paludières qui pour certains sont contraints de se loger bien loin de leurs salines, parfois à plus de 30 km ? C’est un nom sens social et ecologique.

Le manque d’anticipation de la part des élus en termes de politique de logement nous amène à une situation désastreuse où les personnes qui font vivre le territoire à l’année ne peuvent plus se loger. Nous ne pouvons nous contenter de la construction de logements neufs, consommateurs de terres agricoles, alors qu’ici même 25% des logements sont secondaires ou vacants, c'est-à-dire vide une bonne partie de l’année ! On monte à presque 80% dans la commune voisine de Mesquer ! Ici sont les logements.

Il y a urgence à agir car nous n’apercevons aucun facteur d’amélioration à court, moyen ou long terme. L’appel que nous relayons et diffusons aujourd’hui regroupe des propositions fortes, tel que le statut de résident ou le calcul du pourcentage légal de logements sociaux sur le nombre total de logements et pas seulement sur le nombre de résidences principales comme c’est le cas aujourd’hui.

Enfin, c’est l’occasion de manifester publiquement l'importance de politiques publiques pour résorber le logement indigne et les difficultés d'accès au logement sur notre territoire.

Après le tragique évènement survenu à Saint Nazaire cette semaine il est bon de rappeler qu’un logement décent est un droit, et non une lubie ni un désir de privilégié, pour les locataires. Les propriétaires ont le devoir de louer un logement décent. Il nous faut absolument traquer et combattre ceux qui louent des taudis pour se faire du fric sur le dos non seulement de ceux qui sont déjà dans la panade, mais aussi des contribuables. Et il faut se donner les moyens de le faire en taxant les plus riches et les logements vacants ou les résidences secondaires.

Si c’est déjà le cas à Guérande et Saint Nazaire, il faut impérativement que ces recettes fiscales servent à favoriser l‘accès au logement des gens qui vivent et travail au pays, ainsi qu’à la lutte contre l’insalubrité des logements. Cela devrait également servir à financer des services d’hygiene et mettre ainsi en pratique une police de l’habitat locale permettant de vérifier le respect des normes sanitaires et réglementaires avant toutes mises en location. C’est une l’urgence sociale pour les plus démunis. C’est tous l’intérêt de taxer les plus riches et de répartir équitablement les richesses.

Nous nous réjouissons que la question du logement mobilise dans les rues de Bretagne car c’est un espace cohérent pour inventer des politiques publiques au bénéfice du plus grand nombre. Nous devons obliger les collectivités et les élus, en renforçant la mobilisation, à aller

L'Appel

L'appel ci-dessous, dénonce la pression immobilière excessive, la priorité donnée par le marché aux locations touristiques et résidences secondaires, le manque d'action contre le mal-logement... Une liste complète des revendications suit le texte, ainsi que la liste des premières organisations signataires : collectifs, associations, syndicats, partis. D'autres organisations pourront soutenir l'appel ultérieurement.
Nous interpellons les pouvoirs publics et en particulier les collectivités locales de Bretagne, qui, pour la plupart d'entre elles, ne semblent pas encore avoir pris la mesure de la gravité de la crise du logement et des mesures à prendre, au-delà de l'appel rituel à "construire plus" dont on sait bien qu'il se heurtera en réalité à la nécessité de protéger le foncier.

Des rassemblements ont eu lieu également à Belle-Île, Saint Malo, Huelgoat, Guingamp, Morlaix, Perros Guirec. D'autres suivront.

Appel à manifester pour le droit au logement et la protection des terres en Bretagne :

Un ti da bep hini !
Un logement pour tou.te.s !

La Région Bretagne affiche son ambition d’accueillir 400 000 nouveaux habitants d’ici 2040. La métropole de Nantes et le département de Loire-Atlantique sont dans la même logique d’attractivité forte et donc de pression immobilière forte. De plus, l’envolée des prix de l’immobilier constatée avec la crise du COVID accentuera encore les difficultés d’accès au logement, notamment pour les plus jeunes et les plus modestes et accentuera donc les inégalités sociales. Autres effets secondaires, ceux de l’accès aux services publics, à l’éducation, à la santé, aux transports, à la culture, à la mobilité...
Il sera donc de plus en plus difficile de se loger en Bretagne. Le mal-logement en lui-même n'est pas nouveau, mais la hausse des prix et la pénurie de biens en location et à l'achat s'aggravent et s'étendent. En plus d'être un désastre social, l'envolée des prix de l'immobilier aggrave la crise écologique, en forçant les actifs à s'installer plus loin de leur lieu de travail, et en poussant à la destruction de nouvelles terres agricoles pour produire des logements. Il nous faut affronter le problème globalement et nous donner la force localement, ici, en Bretagne, de répondre à cette problématique.
Nous ne percevons pas de volonté politique des institutions locales, notamment de la Région Bretagne, pour faire face à ces défis et nous les interpellons à travers notre mobilisation sur ce sujet qui concerne tous les bretons et toutes les bretonnes.
On ne peut pas apprécier de la même façon la demande résultant de l'installation de nouveaux arrivants et la demande en résidences secondaires ou en placements financiers. Des centaines de milliers de logements sont vides pendant la majeure partie de l'année en Bretagne, ou gelés pour des locations touristiques.
En période de pénurie installée, nous affirmons avec force que le droit à un logement est un droit fondamental, qui doit primer sur la résidence secondaire ou la location touristique. Là est le seul chemin pour concilier l'urgence sociale et l'urgence écologique, pour loger correctement une population croissante sans détruire nos terres agricoles et naturelles, pour accueillir les personnes d'où qu'elles viennent sans discrimination d'origine.
Les 20 et 21 novembre un week-end de mobilisation a eu lieu, ouvert à toutes et à tous, pour le droit au logement et la protection des terres en Bretagne, sous les revendications suivantes


1- Intégrer la Région Bretagne dans la Zone dite Tendue et permettre ainsi aux communes de la Région Bretagne qui sont exclues de ce dispositif de surtaxer les résidences secondaires jusqu’à 60%. Les élu·e·s locaux doivent prendre position puis se mobiliser pour obtenir ces outils, et les utiliser.
2- Le prélèvement de la Taxe d'habitation sur les logements vacants (THLV) partout où ce n'est pas encore fait à l’échelle intercommunale comme la loi le permet déjà et l'affectation du produit à des services d'hygiène et de sécurité, dotés de moyens pour contrôler la salubrité des logements mis en location. La Région Bretagne doit accompagner les collectivités locales intercommunales sur ce chantier qui palliera les faiblesses de l’ARS (Agence Régionale de Santé) incapable, faute de moyens de l’État, de remplir sa mission de service public pour faire constater l’insalubrité de nombreux biens mis à la location.
3- Une régulation forte de la location touristique et en particulier du système des plates-formes de location pour particuliers, au-delà des possibilités déjà existantes, en réservant par exemple ce type de location à la seule résidence principale du loueur.
4- Un statut de résident réservant l'achat de logements ou de terrains aux personnes habitant le territoire depuis un certain temps, à l'échelle des pays, là où les résidences secondaires en excès posent de graves problèmes. Ce statut, sans aucune discrimination d'origine et sur la seule base de la résidence, permettra de faire baisser les prix et de rendre progressivement des pans entiers du territoires à de véritables habitant·e·s.
5- L'impossibilité du vote des résidents secondaires, qui peuvent représenter un poids électoral disproportionné dans les communes littorales.
6- Un observatoire public du logement en Bretagne capable de fournir et d'actualiser les données fondamentales sur le logement : prix à l'achat et en location, part des résidences secondaires et logements vacants dans l'année écoulée, part des locations touristiques, vérifications de la légalité des annonces…

7- L'utilisation du droit de préemption et d'expropriation en urgence pour garantir le droit au logement, là où des personnes sans abri ou mal logées côtoient des logements vides et où aucune autre solution satisfaisante n'existe ; le renforcement des capacités d’action financière de l’Établissement Public Foncier Régional qui aide les communes à préempter et acheter les friches et bâtiments mis en vente.
8- L'accueil digne et humain des personnes migrantes arrivant en Bretagne, d'où qu'elles viennent, avec l'obligation effective pour les préfectures de garantir leur droit au logement.
9- Le calcul des minimas de logements sociaux sur l'ensemble des logements des communes, et non les seules résidences principales (à l'heure actuelle plus une commune compte de résidences secondaires, moins elle doit fournir de logements sociaux).
10- La transparence sur l’impact écologique d’un tourisme de masse sur la qualité l’eau et les capacités actuelles de traitement, notamment sur le littoral.
11- La facilitation de l'habitat léger pour celles et ceux qui font ce choix, moins coûteux, écologique et plus facilement réversible que l'habitat en dur.
12- L’application des droits des gens du voyage.
13- L'inscription dans les documents d'urbanisme et de planification de la fin du bétonnage pour 2030 a plus tard, l'interdiction immédiate d'ouvrir de nouvelles zones à l’urbanisation dans les communes comptant plus de 10 % de logements vacants ou de résidences secondaires, et dans les territoires les plus urbanisés.

Premiers signataires de l'appel : Dispac'h, UDB Union Démocratique Bretonne, Douar ha Frankiz, Droit à la ville Douarnenez, Collectif Ressac Groix, Agir pour Belle-Ile en Mer, Insulaires Solidaires, CNT interpro Brest, Union des étudiants bretons USB, DAL 44, UCL Rennes, War-Sav (p)OGI, UDB jeunes, PENECAM en commun, Enez ar Gerveur o stourm, ALCHI, NPA Kreiz Breizh, Kenstroll Breizh...

Foncier en bretagne 3

Date de dernière mise à jour : 23/11/2021