Cultiver sans terre : histoire d'un potager recyclé

Un potager de compost

Au printemps 2015 j'avais fait la connaissance de Pierre Rousseau, à l'occasion d'une soirée proposée par le CPIE Loire-Océane.dans le cadre de la Charte de l'Habitant "Vers un jardinage sans pesticide" : " Venez rencontrer ce jardinier, restaurateur de métier, qui a au fil du temps transformé les déchets verts de son restaurant pour obtenir « un sol » lui permettant de créer son jardin. Rencontre autour de la vie du sol, des variétés anciennes, du bois raméal fragmenté, de pollinisation et plein d'autres sujets passionnants, au cœur du succès de ses récoltes !"

(Reportage ci-dessous auquel se sont ajoutées quelques photos récentes)

"Aujourd'hui, en 2018, je fais un "potager de fainéant" : je laisse faire... le sol est réalimenté en compost (nous avons actuellement 5 composteurs), je laisse des plants sur place après la récolte, par exemple les tomates, et grâce aux graines des petits plants repartent un peu partout, en général ils sont plus forts que les autres !"

 

 

 

Potager sur sol vivant

S'inspirer de la nature

"A la base ici c'était du gravier, quand j'ai monté les bacs je les ai remplis de compost obtenu avec les bio-déchets de notre restaurant, je cultive mon potager sans terre."

Pierre et Sandrine sont restaurateurs et ils utilisent, en partie, pour leur cuisine les légumes de leur potager.

Potager sur compost

"Je produis ma terre avec mes bio-déchets - j'ai 5 composteurs (20 à 25 litres/jour) - c'est la transition entre la culture hors-sol et la terre. Il faut espérer qu'un jour une loi obligera les restaurants à séparer leurs bio-déchets, le nôtre est pilote. Ce sol est aussi fertile que celui d'une forêt, il faut s'inspirer de la nature, dans une forêt la décomposition du bois et des feuilles se fait grâce à l'action combinée des petits animaux, des bactéries et des champignons du sol, le composteur reproduit seulement la nature."

Le compostage

"Je mets tout dans le compost : déchets organiques - y compris viande et poisson - paille, broya de bois, carton, branches, feuilles... en alternant les couches entre le brun et le vert ; il faut le retourner, l'aérer. Quand le composteur est plein, on arrose abondamment le tout, on couvre et on attend que ça "cuise". L'élévation de la température est très importante pour la destruction des gênes pathogènes et des graines des adventices. Tous ces facteurs sont importants pour la réussite d'un bon compost."

"J'utilise aussi le lombricompostage, c'est une méthode écologique de valorisation des déchets biodégradables par leur transformation en un engrais naturel, effectuée par les vers."

La micro-faune au service du jardinier

"Je n'utilise jamais de produits, ce sont les animaux qui travaillent ; je fais un potager de "fainéant", je ne retourne jamais la terre afin de ne pas tuer la petite faune : lombrics, collemboles, acariens, cloportes, larves d'insectes, araignées... il faut réapporter de la vie à nos jardins. J'ai placé des regards ici et là pour les observer, ce sont des mini-composteurs qui servent à nourrir directement la faune du sol, étant fermés ils n'attirent pas les prédateurs (oiseaux, musaraignes)."

Mini composteur

 

Semences

"Tout ce qui pousse dans le potager est issu de mes propres semences ou de semences achetées à la Ferme de Ste Marthe ou Kokopelli, des variétés de souche non modifiées, pour contrer les lobbys qui veulent contrôler le marché des semences. Je laisse monter des plants en graines pour pouvoir les récupérer. Par ailleurs j'obtiens du F2 - graine de F1 qui a perdu ses gênes - avec les légumes que j'ai achetés pour le restaurant et qui ont regermé dans le compost. Les fleurs mélangées aux légumes attirent les pollinisateurs, le plus gros risque d'hybridation c'est avec les courges, le reste fonctionne bien."

Aromatiques à foison

Un potager bien défendu

L'une des plantes présente des feuilles gaufrées, les pucerons l'ont attaquée mais derrière les feuilles une armée de larves de coccinelles prépare la contre-attaque :

"Quand vous éliminez un puceron avec un produit, vous n'éliminez pas que le puceron mais tout ce qu'il y a autour. Il faut les laisser sur les plantes pour attirer les auxillaires : coccinelles, chrysope, syrphe... Plus vous mélangez des aromatiques dans votre potager plus vous allez le défendre."

Couvrir le sol

"Je ne laisse jamais mon sol nu, je le paille avec du BRF, de la tonte de gazon sèche, des feuilles.... Pour faire du BRF, bois raméal fragmenté, il faut attendre l'automne, que les feuilles soient tombées avant de passer les branches au broyeur.
Il faut laisser les déchets végétaux en surface, ne pas les enfouir. Plus vous apporterez du paillage, moins vous aurez de maladies, là-dessous les petites bêtes travaillent. 

Ce que j'utilise là c'est le couvert forestier"

Potager sur sol vivant

La visite s'est terminée dans un coin cosy du bar-restaurant, Pierre nous a offert un punch tout en répondant à nos questions avec la passion qui l'anime pour son métier de jardinier-restaurateur.

En conclusion l'une des phrases qu'il a écrite dans la description de son Potager Recyclé "La nature s'auto-régule, elle n'a jamais eu besoin de personne pour savoir ce qu'elle avait à faire. Elle est la gardienne de la biodiversité."

Pour en savoir plus je vous encourage à aller sur la page Facebook du Potager Recyclé  la méthode est expliquée en détail.

Contact

Bar - Restaurant HOA - 7 Leniphen -- Saillé - 44350 GUERANDE

02 40 88 78 24

www.restaurant-hoa.com

 

 

Ajouter un commentaire

Date de dernière mise à jour : 18/05/2018