Jardins partagés du Clos du Poivre à Herbignac

Le long d'un petit chemin, dans un cadre arboré très agréable, des parcelles cultivées en buttes attirent le regard : bienvenue aux jardins partagés du Clos du Poivre à Herbignac !

 Jardins partagés du Clos du Poivre à Herbignac

 

 "Vous allez découvrir des méthodes de jardinage naturel, du paillage au compostage." nous annonce Jean-Baptiste Vannier, animateur au CPIE Loire-Océane, "Vous pourrez ensuite les appliquer dans votre propre jardin, et pour ceux qui le veulent par la suite vous engager en signant la Charte du jardinage sans pesticides."

Ces jardins ont pu voir le jour il y a un peu plus de deux ans, grâce à un appel à projets lancé par la municipalité d'HerbignacYves Gillen des "Jardins du Marais" (à visiter au Bignon d'Hoscas) fut l'un des porteurs de ce projet, cela se ressent dans la gestion naturelle de ces jardins. 

 "C'est un lieu extraordinaire, vraiment beau. Nous avons dû beaucoup travailler car auparavant c'était de la friche avec des fougères. Nous avons creusé une mare ; le sol est bon, riche en humus avec une base argilo-humide." commente Frédéric, l'un des pionniers à l'origine du projet, "Nous n'employons pas de pesticides, les auxillaires de la petite faune sont là pour nous aider à contrôler les ravageurs. Nous n'avons ni électricité ni eau mais grâce à une pompe à moteur thermique nous pouvons prélever de l'eau du ruisseau (nous avons fait un barrage), tout en limitant notre consommation grâce au paillage et à la bonne gestion des cultures (choisies en fonction de la saison). Nous avons peu de moyens mais nous savons que nous pouvons compter sur l'aide des services techniques de la mairie pour les petits problème

 

"Nous cultivons nos parcelles de 60m2 pour la majorité sur buttes paillées*, cela a des avantages : plus facile d'accès, moins besoin de se pencher, meilleure hydratation, pas de bêchage, néfaste pour l'équilibre du sol. Elles sont paillées en permanence, ce qui conserve l'humidité, nous avons donc moins besoin d'arrosage."

buttes paillées

 

 

 

      

 

 

 

Le paillage est essentiellement composé de paille, mais aussi de feuilles, d'aiguilles de pin ou encore de coco, un "cadeau" offert aux jardiniers. 

 "Nous faisons aussi notre propre broyat avec les déchets de branchages, c'est un travail collectif." Une technique de plus en plus utilisée dans les communes : le BRF, bois réal fragmenté, broyage puis sèchage des déchets verts.

broyat

 

 

 

 

 

 

 

A la question de l'un des participants sur l'absence de clôture, Frédéric répond :

 "Nous n'avons jamais eu de problèmes depuis deux ans. Les jardins sont visibles du chemin de promenade, cela arrive qu'on retrouve des curieux entre les parcelles, bien évidemment nous préférerions qu'ils viennent lorsque nous sommes présents. Le fait de cultiver majoritairement en buttes permet de modifier, d'échanger les parcelles facilement lorsque cela nous arrange. On s'entraide les uns les autres, un coup de main pour le désherbage par ci par là...Il n'y a que pour le partage des récoltes que c'est compliqué car dans l'association il y a aussi des jardiniers qui ne... jardinent pas mais qui travaillent pourtant beaucoup pour les autres : secrétaire et trésorière notamment !"

 

Anne, jardinière

 "Nous sommes une trentaine de jardiniers. Parmi nous certains ont déjà un potager mais viennent ici pour les échanges, le partage, les contacts avec d'autres jardiniers. Le but est de faire un complément alimentaire, l'adhésion est de 15 à 25€ maximum/an. Toute personne peut en faire la demande. Nous avons un verger collectif et une cabane que nous avons construite nous-mêmes. De temps en temps nous nous réunissons pour faire le point sur les besoins, les projets..."

 cabane des jardiniers


Justement ce matin-là une réunion du conseil d'administration avait lieu devant la cabane et Frédéric y rejoint les autres administrateurs.

 Nous nous dirigeons vers le fond du terrain là où se trouve le verger. Ce matin-là, Joseph Clavier, ancien agriculteur correspondant aux "Jardiniers de France", était venu s'occuper du verger, il n'a pas de parcelle, n'en ayant pas besoin, mais vient donner de son temps, pour le plaisir d'échanger avec les autres jardiniers. Chaque arbre avait été chaulé(enduit d'un mélange de chaux et d'argile pour le protéger)  et paillé au pied : des pommiers, poiriers, pruneliers, cognassiers...

Près du verger, l'an dernier, des ruches avaient été installées. Jean-Baptiste Vasnier nous explique l'importance des insectes pollinisateurs (abeilles, bourdons, coléoptères...) mais aussi de nombreux autres insectes qui jouent un rôle dans l'équilibre de l'écosystème du jardin : les décomposeurs (vers, mille-pattes, cloportes, scolopendres...), les cétoines, dont la larve ressemble beaucoup à celle du hanneton (cette dernière a le derrière plus rond et de gros yeux), les prédateurs (coccinelles, chrysopes, perce-oreilles...)

"Chaque animal a son importance, avec avantages et inconvénients, par exemple la taupe, cette mal-aimée, ameublit le sol et est insectivore. Les fourmis, les araignées...Casser l'équilibre a une répercution sur l'écosystème, les insectes ont deux vies : larvaire puis adulte au cours desquelles ils n'ont pas la même utilité. Pour les attirer, laissez un tas de bois, de pierres, un coin plus sauvage, non tondu."

 A l'entrée des jardins, un hôtel à insectes a été fabriqué par les enfants des écoles, une idée sympathique réalisable facilement dans son jardin !

20120313-04.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Nous nous dirigeons ensuite vers le compost, celui-ci est divisé en quatre zones selon l'avancement de la décomposition. On y trouve de la matière sèche (ou brune) et de la matière verte (fanes, racines) :

 "Il faut alterner les couches, de 4 à 5 cm, le mélanger toutes les 3 semaines environ, éviter les adventice en graines et les plantes malades. Pour ces dernières on peut les "griller" en les laissant une nuit dans le purin d'ortie ou de consoude. Plus le tas est gros, plus ça chauffe. Il ne faut pas non plus systématiquement couvrir un compost, c'est mieux de le laisser à l'air libre."


Il y aurait encore beaucoup à dire sur les méthodes naturelles de ces jardins partagés et quand nous quittons ceux-ci nous repartons tous avec l'envie d'aller mettre en pratique quelques-uns de conseils glanés au cours de la visite !

De plus en plus de communes offrent cette possibilité en mettant à la disposition des habitants quelques parcelles ; en presqu'île guérandaise existent déjà les jardins partagés de Cramphore au Pouliguen, les jardins familiaux à la Turballe, les jardins partagés à St Sébastien de Piriac, le jardin du Clos d'Ust à St Nazaire, les jardins des Forges à St Nazaire et un jardin partagé voit le jour à Guérande.

Souhaitons qu'il y en ait de plus en plus car ces expériences pionnières démontrent que cela va bien au-delà du simple plaisir à gratter la terre... le plaisir de l'échange, du partage et de la solidarité !

Ce reportage a été réalisé au printemps 2012

 

jardiniers du Clos du poivre

 

Commentaires (2)

ROCHER Jacques
  • 1. ROCHER Jacques | 04/03/2016
Bonjour

J'habite Sucé sur Erdre. Je suis inscrit à une AMAP.
Avec plusieurs amapiens nous projetons d'installer un jardin partagé intergénérationnel avec le concours de la mairie.
Nous avons besoin de votre expérience. Est ce que nous pouvons vous rencontrer ?
Nous sommes disponibles plutôt le samedi.

Bonne journée

Jacques
presquilegazettenet
  • presquilegazettenet (site web) | 04/03/2016
Bonjour, Je ne suis pas sûre que vous ayez une réponse directe à votre demande ici, vous pouvez essayer de passer quand ça vous arrange au jardin et ce que vous pouvez faire c'est aller visiter plusieurs jardins partagés pour vous faire une idée (il y en a plusieurs regroupés dans la rubrique "environnement-jardiner au naturel", les adresses y figurent). Mais ce serait sans doute plus simple pour vous d'en chercher autour de Nantes, je suis sûre qu'il en existe plusieurs. Bonne journée, Jacinte Grenier, presquilegazette.net

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Date de dernière mise à jour : 07/04/2016