Un partenariat entre agriculteurs, conchyliculteurs et collectivités pour une meilleure qualité de l'eau

marais de MarongleLe but de cette 6ème sortie en zones humides du CPIE était de démontrer l'impact des activités humaines sur la qualité de l'eau de l'océan et les solutions pour y remédier.

Situé dans le secteur Est du bassin versant du Mès, le site du marais de Marongle est en amont des élevages conchylicoles des traicts de Pen-Bé-Mesquer. Ce petit bassin versant forme une entité indépendante du bassin de la Vilaine et de celui de la Loire. Il est donc particulièrement intéressant de constater l'influence des activités humaines en amont et leurs impacts sur la qualité de l'eau et notamment des coquillages en aval.

pen-bé

Guy Legal, conchyliculteur, connait bien le problème :

"Notre activité dépend de la bonne qualité des eaux, afin que les coquillages soient propres à la consommation humaine. En 2009, le site de Pen-Bé a été déclassé en C (mauvais résultats des analyses qui ont montré un taux élevé de bactérie Escherichia Coli, bactérie fécale émise par tous les organismes à sang chaud) pour les coquillages fouisseurs (coques et palourdes), ce qui a eu des conséquences financières importantes. Les coquillages, pour être vendus, doivent être stérilisés. Ils sont utilisés en conserverie. Les analyses récentes ayant montré une amélioration, il est envisagé de reclasser cette zone en B."

Des analyses dans l'eau, les sédiments et les coquillages sont effectuées régulièrement, en différents endroits. Ces recherches, sous l'égide de Cap Atlantique, trouvent la source des pollutions, qu'elles soient le fait de particuliers ou d'agriculteurs.

"On a observé des pics durant certaines périodes, le tourisme est un facteur non négligeable. Les maisons mal raccordées aux eaux usées, les rejets industriels, les activités nautiques, les camping-cars (qui utilisent notamment les grilles normalement réservées aux eaux pluviales) et les rejets des animaux bovins et ovins, tout cela a une incidence sur la qualité des eaux."nous explique Maud Gendronneau, de Cap Atlantique.

marais de marongle

Photo : Jean-Baptiste Vannier, CPIE

Cap Atlantique réunit régulièrement les acteurs concernés : conchyliculteurs, agriculteurs, collectivités et selon l'origine de la bactérie les interpelle sur les mesures à prendre.

Des tests sont pratiqués auprès des déversoirs, plus de 2000 analyses ont été effectuées sur la baie de Pen Bé :

"On analyse tout en même temps, eau, coquillages, sédiments, à chaque grande marée. On établit une cartographie sur une année, c'est très pointu, chaque maison est contrôlée." joignant le geste à la parole, Maud Gendronneau nous montre une carte avec des codes couleurs selon la qualité des eaux relevée.

"Quand les bovins traversent le cours d'eau (Mès), ils le contaminent. On propose alors aux agriculteurs un parcours différent ou encore d'installer un abreuvoir. Lors de l'affouragement, on demande que le foin soit installé loin du cours d'eau. On vérifie aussi le siège de l'exploitation."

Le marais de Marongle est à deux mètres d'altitude seulement, il est donc régulièrement inondé lors des grandes marées.

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Photo : Jean-Baptiste Vannier, CPIE, le Mès dont le parcours se termine en Baie de Pen-Bé.

"C'est un système ouvert sur la mer, l'impact du pâturage favorise l'inondation", intervient Patrick Bonnet animateur du Parc Régional de Brière,"On peut parler de terrains récents dans l'histoire géologique. Des contrats MAE ont été passés avec Natura 2000 favorisant l'agriculture extensive, garante de la biodiversité. L'élevage des bovins c'est mieux que le fauchage, il y a 20 ans, il n'y avait ici que du roseau."

Nous reprenons ensuite nos véhicules pour nous rendre sur l'exploitation de Christophe Sablé, à Lauvergnac, élu à la chambre d'agriculture. Son exploitation est gérée de manière intensive.

CPIE Agriculture cpie agriculture

 

"Sur le Bassin du Mès 110 exploitations agricoles sont installées, surtout de l'élevage, principalement des vaches laitières. Presque tous les exploitants ont accepté le partenariat avec Cap Atlantique afin de réduire l'impact sur la qualité des eaux, seuls 5 exploitants, proches de la retraite, n'ont pas adhéré. Les mesures sont simples :

- l' affouragement en zones inondables doit se faire hors de portée des cours d'eau,

- les passages de ruisseau sont évités,

- les exploitations sont mises aux normes concernant les rejets des animaux."

Pour expliquer cela, Christophe Sablé nous fait visiter son exploitation et notamment les bassins de récupération des extréments des animaux, ceux-ci ne devant pas sortir de l'exploitation : ils sont d'abord stockés dans ces bassins avant d'être convertis en compost, d'abord en tas, puis en cordon sur les champs. La directive nitrates interdit l'épandage entre le 1er décembre et le 1er février.

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Ces mesures, permises grâce au travail des différents partenaires, rétablissent petit à petit un certain équilibre pour la qualité de l'eau mais il faudra toujours rester vigilant et espérer encore une amélioration durable de cette eau si précieuse.

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Date de dernière mise à jour : 19/11/2018