Observer les oiseaux de Pen-Bé

Pointe de Pen-Bé

Le ciel bleu de ce samedi après-midi de février 2015 était une invitation à l'observation des oiseaux ! Claudine Spioti, intervenante du groupe LPO Presqu'île, nous avait donné rendez-vous à la pointe de Pen-Bé.

Le paysage est magnifique, la vue s'étend au loin et, à marée basse, l'alignement des piquets ostréicoles offre une belle perspective.

Pointe de Pen bé

 

 

 

Au large de la pointe de Pen-Bé

Des bandes d'Huitriers-pie, que l'on observe à la jumelle, s'affairent non loin des piquets : livrée noire et blanche, pattes rouges permettent de les identifier.

Sur l'étendue de vase de nombreux Courlis cherchent leur nourriture :

"Pas très facile de distinguer les Courlis cendré des Courlis corlieux, ces derniers sont plus petits et ils ont un sourcil noir au-dessus de l'oeil." nous précise Claudine."Le Courlis est un migrateur partiel, c'est-à-dire qu'une partie d'entre eux restent nicher chez nous."

C'est l'occasion de pointer la différence entre les oiseaux sédentaires et les migrateurs de notre région ; on peut les observer à toutes saisons : migrateurs estivaux ou migrateurs hivernants sont présents sur les vasières, dans les marais-salants, sur la côte.

Sur notre littoral, les Bernaches cravants, quant à elles, sont là d'octobre à avril, elles trouvent leur source de nourriture dans les herbiers de posidonie de nos traicts.

Herbiers de posidonie, Pen-Bé

 

Les Mouettes et Goëlands sont bien sûr de la partie. C'est aussi l'occasion de pouvoir les différencier : le Goëland est plus grand, son bec jaune est massif, ses pattes roses :

"Il existe 3 sortes de Goëlands, le Goëland argenté, le plus commun, qu'on voit souvent dans les ports car il est opportuniste et même parfois envahissant, le Goëland brun et le Goëland marin, plus solitaire, plus grand."

Plus proche de nous, cherchant sa nourriture près des rochers, la silhouette élégante d'une Aigrette garzette attire les regards :

"Elle se nourrit de crustacés, de poissons, d'amphibiens et de vers. On distingue l'Aigrette garzette et la Grande Aigrette, moins fréquente, dont le bec est jaune et les pattes noires."

Obserrvation à la pointe de Pen bé

Traict de Pen-Bé

Nous quittons la pointe pour nous diriger ensuite vers le bord du traict de Pen-Bé :

"C'est une zone importante pour le nourrissage des oiseaux avec les zostères et la vasière."

En avançant sur le sentier nous apercevons un Faucon crécerelle juché sur un poteau et au loin une Buse survolant les arbres :

"Elles ne vont pas tarder à faire leur parade", commente Claudine.

Dans les bosquets nous observons ensuite plusieurs espèces de passereaux : Grimpereau, Pinson des arbres, Roitelet huppé, Pouillot fitis (plus coloré que le véloce), Mésange bleue, Ascenteur mouchet, Rouge-gorge :

"Il faut bien regarder les Pinsons car il y a aussi des Bouvreuils pivoines en ce moment, on les inventorie."

On observe aussi des Merles, des Pigeons-ramiers, un Pic-vert, des Grives...

Un nichoir est placé entre les deux branches d'un arbre et à la question "Est-ce bon de poser des nichoirs et de nourrir les oiseaux en hiver ?" Claudine nous répond :

"Il y a deux écoles... oui si on détruit leur habitat naturel afin de compenser cette perte mais sinon la nature subvient à leurs besoins. Les nichoirs et mangeoires privilégient certaines espèces, les graines étant adaptées à la taille des oiseaux. Pour les jardiniers, attirer ainsi les oiseaux permet de lutter naturellement contre les limaces et autres escargots... Vous pouvez fabriquer vous-mêmes des nourrissoirs avec une grosse pomme de pin remplie de graisse dans laquelle on introduit des graines de différentes tailles."

ENS

"Nous sommes ici sur un espace naturel sensible (ENS), c'est-à-dire des terrains acquis par le Conseil général de Loire-Atlantique pour une gestion de protection de l'environnement : laisser des arbres, des bosquets, des haies naturelles, pratiquer une fauche différenciée, faire de l'éco-pâturage (avec quelques moutons des landes de Bretagne, des vaches Highlands, des chèvres des fossés)..."

Pointe noire

Nous avançons jusqu'au petit promontoire de la Pointe noire d'où on peut observer au loin les oiseaux se nourrissant sur la vasière du traict. On entend le chant flûté des Courlis (dont le nom vient de son chant), celui des Avocettes élégantes. Au sujet de ces dernières, Claudine nous explique qu'une campagne de baguage détermine d'où viennent leur population (Nord ou Sud). Les campagnes de baguages ont lieu à l'automne (notamment pour le phragmite aquatique qui se fait de plus en plus rare).

A cet endroit on voit aussi de nombreux Tadornes de belon, des Ibis sacrés, en livrée noire et blanche, différente du plumage entièrement noir de l'Ibis fascinelle (rare, seulement 2/3 oiseaux sont présents par ici).

Plus près de nous, cherchant leur nourriture sur les rochers, quelques Corneilles, des Corbeaux freux (à ne pas confondre avec le Grand Corbeau, de plus en plus rare). 

 

Limicoles

Les Courlis, les Barges (rousses ou à queue noire), les Chevaliers, les Bécasseaux... tous font partie de la famille des Limicoles. Ils se nourrissent sur la vasière de vers, de crustacés, de mollusques... différemment selon la forme de leur bec. La longue-vue est bien pratique pour les différencier !

Nous apercevons également quelques Canards Colvert,

"Les canards Souchet et Pilet sont aussi présents sur le traict", précise Claudine.

Meilleur moment pour l'observation

Le meilleur moment pour l'observation des oiseaux se situe 2 heures avant la marée haute.

"Lorsque nous effectuons un comptage, c'est 3 heures avant la marée. Pour le groupe LPO Presqu'île, on le fait sur tout le littoral, de Pont-Mahé jusqu'à Pornichet."

La sortie LPO prend fin mais on s'attarde... on se sent bien dans cet bel endroit préservé, ponctué des chants flûtés des oiseaux du traict.

Pen Bé en hiver

 

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Date de dernière mise à jour : 14/02/2015