Sortie Zones humides à Rostu

Samedi 7 mai 2011, le CPIE Loire-Océane, avait organisé une sortie en Zones Humides, sur le Bassin du Mès.

Ce fut pour les participants (une quarantaine de personnes) l'occasion de découvrir, avec des intervenants de terrain, la biodiversité présente dans ces zones sensibles.

Nous avions rendez-vous sur le site de Rostu. Leslie Krithari animatrice du centre des Korrigans au Pouliguen, accompagnée de trois intervenants, nous y attendait. Le temps n'était pas vraiment à la fête : nuages gris et averses ponctuelles. Cela n'a pas découragé les participants à cette sortie. 

 

Nous sommes d'abord allés observer les bords du Traict de Pen-Bé, sur la commune de Mesquer, à RostuCette zone tampon absorbe l'énergie de la houle, on appelle ça une zone pionnière.

Patrick Bonnet, du Parc Régional de Brière, nous explique la végétation qui colonise le terrain sableux. Ces plantes pionnières sont adaptées à ce milieu exposé aux embruns. Elles emmagasinent le sel, stockent l'eau dont elles ont besoin (on les appelle des succulentes, plantes grasses). Elles ne sont fragiles que... face au piétinement.

"Il faut donc faire particulièrement attention lorsqu'on se promène sur les bords du traict ou des dunes à les éviter à tout prix."

Ces végétaux poussent à partir des laisses de mer (algues), c'est pourquoi certaines communes, aidées par Natura 2000, ont choisi le nettoyage manuel des plages. Pas assez de communes, hélas, y sont sensibles, beaucoup préfèrent le nettoyage mécanique, destructeur :

"Pour faire "propre" plus vite à cause de l'image qu'on veut donner aux touristes..."

Pourtant ces laisses de mer, donnant naissance aux plantes pionnières, qui colonisent et maintiennent la dune, sont très utiles pour retenir le sable.

Sans parler du côté esthétique de ces jolies plantes du bord de mer : bette maritime, arroche des sables, morelle, pavot cornu, carex, chiendent maritime, pourpier maritime, linaire, renouée maritime, cakilier maritime, scolyme, starbulaire maritime etc....

A la lisière de la vase, Patrick Bonnet, nous explique la formation d'un pré-salé. Toujours grâce à ces plantes pionnières salicorne, obione, lavande de mer, statice... qui colonisent petit à petit la vase, un îlot se forme puis s'agrandit.

Ces prés-salés sont d'une grande utilité pour la préservation de la biodiversité en zones humides.

En effet c'est une vraie richesse pour la mer : ces plantes sont des réservoirs à coquillages, crevettes, micro-organismes dont les poissons et les oiseaux se nourrissent. La biomasse (quantité de matière vivante) est une des plus forte de la planète. C'est une des zones les plus productives et tout le monde y trouve son compte, y compris l'homme (pêcheurs, paludiers...)

Ce milieu stabilisé est un refuge pour de nombreux oiseaux, ils y trouvent le repos dont ils ont besoin au cours de leur longue migration, ils y nidifient.

En remontant sur la dune, nous avons pu observer une zone protégée par des ganivelles. Philippe Dellavalle, intervenant de Cap Atlantique, nous explique que cette partie du terrain, zone contact dune-shore, était "réservée" d'avril à août, pour la nidification des gravelots, espèce qui pond ses oeufs, de couleur grise, à même le sol, parmi les galets... d'où la protection contre le piétinement. Le gravelot à collier interrompu est le plus rare, il faut impérativement le protéger.

Laurent Bouineau, paludier de l'association de protection des marais-salants du Mès, nous a expliqué à son tour, ce que les paludiers de l'association font sur la commune pour protéger ce milieu sensible.

"C'est l'intérêt des paludiers de protéger leur outil de travail. La pratique est restée inchangée depuis le début, tout est fait pour préserver le milieu afin que la récolte soit bonne."

Il nous parle du métier de paludier, des étapes de la récolte du sel  et de l'importance de la biodiversité dans les marais, pour aujourd'hui et pour l'avenir afin que ce milieu reste naturel et intact.

Une averse plus forte que les autres met fin à ses explications un peu brutalement mais ne décourage pas la majorité des participants à se retrouver un peu plus loin ensuite sur le marais de Breugny

On a pu voir les réalisations faites sur ces marais, situés en bout d'étier, par la commune de Mesquer, aidée financièrement par un contrat Natura 2000. Deux élus étaient présents à la sortie.

"On a procédé à l'arrachage du baccharis, un arbuste importé à l'origine pour faire des haies. Il est d'ailleurs encore vendu dans certaines jardineries... or c'est un fléau pour les marais car c'est une espèce invasive qui empêche les autres plantes de s'installer et qui détruit les talus. Les épineux sont aussi dans ce cas, en trop grand nombre, on les enlève également. Ce sont des buissons néfastes pour les oiseaux, la réouverture du milieu est nécessaire pour la nidification.

Un curage périphérique autour de la vasière, la réfection des ponts ont été les autres chantiers de ces marais, avec l'accord des trois paludiers propriétaires.

Tout ceci rend les rend plus attractifs pour la nidification de l'avocette élégante et la sterne pierregarin."

Nous aussi, promeneurs, nous avons notre rôle à jouer, pour préserver la tranquilité de ces oiseaux. Attention aux dérangements que nous pouvons occasionner en voulant les observer, les photographier, car cela peut leur être fatal. Outre la fatigue dûe à l'énergie dépensée pour nous chasser hors de la zone de nidification, il y a aussi le fait que lorsqu'ils sont "occupés" à nous surveiller, ils peuvent négliger un prédateur, le goéland, qui profite de ce moment d'inattention pour prélever les oeufs !

Cette sortie s'inscrivait dans le cadre des sorties en Zones Humides, proposées par le CPIE Loire-Océane pour l'année 2011. Des animations qui permettent de mieux comprendre, en allant sur le terrain, l'importance de la biodiversité dans ces zones si belles et si utiles.

Rostu

 

 

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Date de dernière mise à jour : 01/05/2016