L'importance des mares pour la biodiversité

Créons des mares

Dans le reportage ci-dessous on peut voir l'importance des mares dispersées partout dans la nature, malheureusement elles disparaissent petit à petit pour des raisons essentiellement d'urbanisation croissante, de sécheresse à répétition, de comblement naturel.....

Dans nos jardins, sur nos terrains, nous pouvons participer à la préservation des mares existantes ou en créer de nouvelles, même petites elles sont utiles à la biodiversité : amphibiens, insectes, oiseaux....

Pour en créer une il suffit de creuser, de bâcher et soit d'y laisser s'installer naturellement la flore soit l'y aider en y apportant des plantes aquatiques locales. La petite faune viendra s'y installer petit à petit et vous aurez le plaisir d'en observer la vie. Quelques explications sur ce lien : Gérer une mare.

Voici celle que j'ai créée en 2018 en y apportant de la menthe et de la renoncule aquatique, un papyrus, de la prêle.... et quelques animaux observés dans le jardin.

Mare fevrier 2020Mare juillet 2018crapaud du jardinRainetteSi vous avez une mare dans votre jardin ou près de chez vous, n'hésitez pas à participer au recensement des mares de France par ici : Mares où êtes-vous ?

Une sortie nature sur la commune de St Malo de Guersac, en partenariat avec le Parc naturel régional de Brière, proposait de partir à la découverte des passereaux migrateurs dans le bocage et autour des mares de la commune.

Un public de tout âge avait répondu à l'invitation et après une petite introduction à la médiathèque Colette, qui accueillait l'exposition de photographies "Passereaux migrateurs des zones humides" de l' association Acrola - pour la connaissance et la recherche ornithologique en Loire-Atlantique - le groupe s'est scindé en deux afin de suivre l'un des deux guides nature du parc, Laurent Bélier et Patrick Bonnet sur les chemins verts de la commune.

dsc-0178.jpg

Quelques pauses ici et là permettaient à tous d'apprendre à reconnaître le chant de ces oiseaux : pinson, grive musicienne (dont le chant nous a suivis pendant tout le parcours !), moineau, bouscarle (l'un de ces oiseaux qu'on appelle fauvette) , verdier, tarier pâtre, hypolaïs polyglotte... qui nous réjouissaient les oreilles. Laurent Bélier utilisait la technique de la repasse : un chant d'oiseau enregistré à l'avance qui "appelle" l'un de ceux que l'on croise, sachant qu'il ne faut pas abuser de cette technique car les oiseaux sont forcément un peu perturbés, beaucoup protégeant leur site de nidification ou plus largement leur territoire. Le "cours" auditif était complété visuellement par des photos représentant chacun des oiseaux.

 

dsc-0181.jpg

Les arbres, les haies...de bons "spots" pour les oiseaux...

Reprenant notre cheminement nous nous dirigeons ensuite vers l'une des mares située près de la ville. C'est au tour d'Alain Massé, adjoint à l'environnement, de prendre la parole pour décrire le travail de restauration des mares de la commune engagé depuis trois ans :

"On voyait sur ce terrain communal toute une végétation aquatique mais peu d'eau, avec parfois en hiver jusqu'à 30 cm d'eau mais recouverts par la végétation, une mare qui s'était comblée naturellement. Juste derrière la haie se trouve une autre mare avec des tritons, des grenouilles, on s'est dit que cela serait bien que les deux soient proches l'une de l'autre, afin de favoriser les échanges et donc la reproduction des animaux. On a donc recreusé celle-ci et elle s'est remplie naturellement. En ce moment il y a beaucoup d'algues filamenteuses car la végétation ne s'est pas encore vraiment installée mais on y voit déjà la renoncule aquatique , une plante intéressante ; l'an dernier on a observé des tritons, des pontes de grenouille agile, j'ai trouvé un pélodyte ponctué qui a dû s'être reproduit ici, on est très content de tout cela. Jusqu'à présent c'était fauché au tracto, qui broyait tout, cela faisait un peu de dégâts, par la suite on fauchera au fil. J'ai bon espoir pour cette mare-là car si les batraciens en ont besoin pour se reproduire ensuite ils vont vivre dans les taillis. On se demande même si on ne va pas faire un autre trou un peu plus bas car il y a vraiment pas mal d'eau en hiver par ici."

dsc-0184.jpg

Pendant ce temps Laurent Bélier s'exerçait à la pêche à l'épuisette pour attraper quelques espèces à observer :

dsc-0186.jpg"Cela fonctionne bien, la nature s'est vraiment réappropriée la mare, là vous avez une larve de libellule-vraie (en contradiction avec les "demoiselles" au corps très fin), c'est cette libellule bleutée qu'on voit là-bas. C'est sa larve qui va grandir encore un peu sous l'eau, avant de se métamorphoser sur une tige de jonc. Elle va se nourrir de plancton, très présent dans la mare aussi. Voici une larve de triton, la différence entre l'adulte et la larve c'est la couleur et les branchies externes de la larve, celle-ci va donc vivre obligatoirement dans l'eau jusqu'au moment de sa métamorphose. Les tritons vont circuler ensuite hors de l'eau et se réfugier sous la couverture végétale pour passer l'hiver.

- Ce sont des espèces protégées, ajoute Alain Massé, des espèces qu'on ne doit pas déplacer, qu'on ne doit absolument pas capturer pour cela.

- Le triton palmé est l'espèce la plus commune, sachant qu'il existe une espèce plus rare, le triton crêté, qui fait partie des grands tritons puisqu'ils peuvent atteindre 15 cm de long, caractérisé en période de reproduction pour les mâles, par une crête assez développée qui peut atteindre 2/3 cm de hauteur. Ici un petit insecte aquatique, la notonecte, qui nage sur le dos puis va se retourner, remonter à la surface et attendre que les proies tombent pour les attraper; il respire à la surface. Et enfin le têtard le plus connu, celui de la grenouille agile, rousse-marron avec des taches noires de chaque côté de la tête et de très grandes pattes arrières. 

dsc-0193.jpg

"La colonisation d'une mare se fait petit à petit, une mare comme celle-ci est toute récente, la végétation va s'installer petit à petit. D' autres mares, plus anciennes, se comblent petit à petit, naturellement, il faut donc que l'homme agisse ponctuellement, en ôtant par exemple les plantes colonisatrices trop envahissantes, précise Laurent, en faisant des opérations d'entretien comme par exemple enlever les algues filamenteuses qui peuvent étouffer certains petits animaux. En ce qui concerne le curage, il ne doit pas se faire sur la totalité mais en laissant une partie envasée pour ne pas trop perturber les animaux, ce qui est préconisé c'est un curage sur un côté, en respectant une pente relativement douce pour que les animaux puissent entrer et sortir.

- On peut aussi se poser la question "pourquoi des mares alors qu'ici on est dans une zone humide perpétuelle (Brière) ?", ajoute Alain, c'est parce que le marais souffre de l'invasion de certains éléments, les écrevisses de louisiane, la jussie, les ragondins, et qu' il est plus facile de maîtriser ces invasions dans les mares. Dans le marais il n'y aurait pas non plus de tritons puisqu' il y a des poissons qui les mangeraient. 

- On considère de plus en plus que ces mares, qui ne payent pas de mine, sont des réserves de biodiversité, reprend Laurent, d'autant plus pour amener de la biodiversité dans le marais briéron, mis à mal par les espèces invasives. Par le biais de ces connexions entre les mares et le marais on peut espérer qu'à terme le marais de Brière soit recolonisé par les espèces des mares."

Le groupe s'avance ensuite sur le chemin et là encore c'est l'occasion de s'émerveiller devant telle ou telle découverte : des orchidées, espèce protégée et un peu plus loin... une couleuvre à collier qui nageait à la surface d'un marigot :

"Dans les années passées on ne voyait plus les couleuvres à collier et on mettait ça en relation avec la rareté du nombre des grenouilles."

C'est l'effervescence ! Tout le monde aimerait l'apercevoir mais elle se cache vite dans le taillis.

"Elle est complètement inoffensive, si vous voyez un reptile sur l'eau dans notre région c'est la couleuvre à collier. Quand on en voit une, on pense parfois à la vipère aspic mais celle-ci n'est pas présente sur notre territoire et ne va pas dans l'eau, les couleuvres sont de toutes façons beaucoup plus longues. On trouve la vipère péliade, quant à elle, plutôt sur les buttes au sec."

Nouvel arrêt où il est question cette fois des ibis, aperçus par quelques-uns :

"On avait constaté qu'ils se nourrissaient au dépend des oisillons, des oeufs de guiffette, l'un des joyaux ornithologiques de la Brière, l'ibis ne leur faisait pas de quartier, une année il a mis quasiment à zéro la reproduction des guiffettes, oiseaux protégés. On a maintenant réussi à réguler la population des ibis."

Un peu plus loin on peut constater de visu le comblement d'une mare envahie de végétation. L'occasion aussi d'observer un petit oiseau, l' hypolaïs polyglote, dont on écoute le chant, un migrateur arrivant au mois de mars :

"Il revient chaque année sur le même site pour se reproduire et son chant signifie qu'il protège son territoire. Par là on entend un autre oiseau qu'on voit souvent ici sur les prairies de St Malo, le tarier pâtre. Là-haut on peut voir aussi le martinet, un autre migrateur. En général les insectivores passent l'hiver au Sud, alors que les canards, les limicoles, les oies viennent passer l'hiver chez nous et vont se reproduire plus au nord. Là on se trouve dans un espace qui convient à beaucoup d'oiseaux mais aussi d'insectes, d'invertébrés et qu'il est important de sauvegarder, prairies, haies, taillis, mares...

Après la pêche à l'épuisette dans la mare quasi-comblée, Laurent réussit tout de même à ramener quelques espèces : une larve de triton, une sangsue, une aselle, petit crustacé et un dytique, ce qui ne manque pas de susciter de nombreux commentaires de la part des enfants, tous très intéressés par cette balade pédagogique et dont certains connaissent déjà pas mal de choses sur la nature. L'un d'eux dessinait consciencieusement tout ce qu'on voyait, en ajoutant une petite phrase explicative à chaque fois sur son "carnet de nature". Tout en cheminant vers la dernière mare, certains aperçoivent un orvet :

dsc-0210.jpg

"Il fait partie de la même famille que les lézards, mais il a perdu ses pattes... Comme les lézards il a la capacité de perdre sa queue pour se protéger des prédateurs, elle repousse ensuite. C'est un animal complètement inoffensif. 

Nous terminons cette promenade instructive par la mare dite du Promenier, en cours de réhabilitation :

"C'est une mare très ancienne, on pense qu'elle a été créée, certainement pour les animaux mais aussi pour constituer une réserve d'eau en cas d'incendie, commente Alain. Dans le fond il y a un puits, l'eau coule à partir de là. On l'a surtout bien dégagée, elle était envahie par les angéliques et les feuilles mortes du saule que vous voyez là. On a retiré une partie de la vase. On espère qu'avec la nouvelle luminosité la végétation va se développer."

- Pour le moment la surface est recouverte de lentilles d'eau, une plante qui prend le dessus des autres, d'une manière naturelle. On espère par la suite une régression de ces plantes là pour que d'autres s'installent, il faut laisser le temps au temps," précise Laurent.

Le deuxième groupe nous rejoint à cet endroit et la sortie-nature se termine fort agréablement par un goûter sur l'herbe, au soleil. Dans le prolongement de cette journée dédiée à la nature, un concert original nous était offert : Electroplume, le chant des plumes de Brière, créé et orchestré par Christophe Piot, batteur-percussionniste.

dsc-0213.jpg

Ajouter un commentaire

Date de dernière mise à jour : 20/02/2020