Aux sources du Mès : un sentier découverte autour de l'étang piscicole

Situées au Nord de la commune de Guérande, les sources du fleuve côtier du Mès se trouvent au pied du moulin du Diable. Le cours d'eau suit le vallon en direction du Nord Est avant de former des méandres dans les Crollières de St Lyphard en se heurtant au massif granitique. Alimentés par de nombreux petits affluents, il grossit ensuite sur le chemin de l'ouest vers Pompas pour déboucher après Pont d'Armes sur le Traict de Rostu et enfin l'Atlantique en se faufilant entre le pointe de Merquel et celle de Pen-Bé.

les sources du Mès

Un sentier découverte de 1200 mètres a été mis en place par les élèves du Lycée professionnel Olivier Guichard avec le soutien du Parc Naturel Régional de Brière au sein d'un espace sensible sur le terrain de l'établissement.

"On est en présence d'un milieu très riche car il regroupe trois éco-systèmes : landes, marais et bocage."

Cette variété des écosystèmes et les choix de gestion du site sont développés sur les panneaux d'interprétation que l'on peut observer le long du parcours.

sentier découverte du LEP

"Ce sentier permet de valoriser ces zones naturelles, sur un parcours d'e 8 HA. Cela nous permet, en interne, dans le cadre de nos cours de biologie- écologie d'aller observer la biodiversité directement sur site avec une mosaïque d'éco-système très riche sur un petit parcours." commente Alain Blancher, professeur au LEP, pour la partie développement durable, intervenant sur le sentier de découverte et en éco-pastoralisme.

"En externe ce sentier est régulièrement emprunté par les élèves du territoire, notamment les classes de Guérande qui viennent à pied par la coulée verte ; également dans le cadre d'une formation pour les enseignants du 1er degré." ajoute Laurent Bélier, animateur du parc régional de Brière, "Sans oublier les sorties avec le CPIE Loire-Océane" précise Jean-Baptiste Vasnier.

etang-piscicole-cpie-037-modifie-1.jpg

Afin de réduire l'entretien du site par les techniciens du lycée et de proposer une formation à l'éco-pastoralisme pour les élèves en Bac Pro Travaux Paysagers, une partie du linéaire du sentier est gérée de cette manière :

"Nous avons un troupeau de brebis des Landes de Bretagne, un âne et une chèvre. Chaque espèce ayant un rôle spécifique : les brebis se nourrissant d'herbe, la chèvre de ronces et de fougères et l'âne de variétés ligneuses. C'est une gestion de l'espace entièrement naturelle, les animaux sont en semi-liberté, on intervient très peu. Cette race de brebis a été choisie pour sa rusticité" explique Alain Blancher."Il y a une phrase qui résume bien leur rôle : la tonte est assurée par la dent de l'animal... qui lui-même est branché sur l'énergie solaire... avec le maillon intermiédiaire végétal... qui se substitue à l'énergie fossile et... qui fertilise en même temps."

dsc-0188-modifie-1.jpg

dsc-0197-modifie-1.jpg

La richesse de la biodiversité, dûe à la présence de ces éco-systèmes différents que sont les landes, le marais et le bocage, permettent d'observer, outre les plantes terrestres et aquacoles, des petits animaux aussi différents que les tritons crêtés, la grenouille verte, plusieurs espèces de passereaux (troglodyte mignon, grimperot, fauvette huppée...) ainsi que certains mamifères dont la loutre :

"Contrairement à ce qui se passe ailleurs sur le Parc de Brière, il y a très peu d'espèces invasives comme les écrevisses de Louisianne, le ragondin. Quant à la loutre, des études ont permis de constater qu'elle se nourrissait essentiellement de poissons malades, elle participe donc à leur régulation". précise Laurent Bélier.

"Sur le site nichent deux couples de hérons, que nous laissons tranquilles car si nous les chassions, cela risquerait d'attirer ensuite d'autres espèces, plus nombreuses. La grande aigrette est présente depuis cette année. La gestion des étangs piscicoles étant naturelle, les prélèvements en poissons de ces oiseaux et de la loutre doivent être respectés à ce titre." commente Frédéric Borie, professeur en pisciculture du Lycée Professionnel.

L'aquaculture concerne l'ensemble des activités liées à la production par l'homme d'espèces aquatiques animales ou végétales. Elle représente près de 50% de l'offre de poisson pour l'alimentation dans le monde. L'effondrement des réserves naturelles de poissons, combiné à l'augmentation de la démographie mondiale font de l'aquaculture un secteur d'avenir.

Les filières de production aquacole sont variées. L'algoculture concerne les macro-algues, le phytoplancton et la spiruline ; la conchyliculture consiste en l'élevage de mollusque bivalves, la pisciculture pouvant être d'eau douce ou d'eau de mer et enfin l'élevage des crustacés.

Au sein du lycée professionnel, une exploitation piscicole a été mise en place dans les bassins de retenue d'eau formés aux sources du Mès. Ces étangs dans lesquels sont réalisés de la polyculture de poissons d'eau douce (gardon, carpe, brochet, goujon, perche...) sont vidangés en automne. Après avoir été regroupés dans la zone la plus profonde dite "poêle", les poissons sont capturés au filet puis transportés, triés, stockés dans les bassins en dur de la pisciculture. S'en suit une période d'assec de plusieurs semaines qui ressource le milieu avec une maîtrise de la production et un tassement de la vase.

étang piscicole

"Nous réempoissonnons ensuite, en janvier, entre 100 et 250 kgs de poissons, qui se reproduisent pour donner ensuite jusqu'à une tonne de poissons lors de la pêche en fin de saison, cela est aléatoire puisque notre gestion est naturelle, nous ne les nourrissons pas. Ces poissons sont envoyés ensuite sur d'autres étangs, certains sont utilisés en restauration même si ce n'est pas encore autant valorisé que les poissons de mer, on cherche pour cela à découvrir les techniques employées dans les pays qui le font." nous apprend Frédéric Borie.

dsc-0271-modifie-1.jpg

Ce parcours de découverte auprès des sources du Mès, riche de ces trois variétés d'éco-systèmes, faisait partie des "10 Excursions en terres humides" proposées par le CPIE, en milieux d'eau douce, salée ou saumâtre, chaque année. A chaque fois, des intervenants connaissant très bien leur sujet nous expliquent comment à travers leur métier, ils gèrent de façon naturelle ces milieux fragiles.

Reportage réalisé en hiver 2012

 

Ajouter un commentaire

Date de dernière mise à jour : 19/11/2018