Protection de la vasière de Méan

Dernières nouvelles de la vasière de Méan

Communiqué de l'association Natur'action

Natur'action se félicite de la décision de report du projet de comblement de la vasière de Méan, prise par le Grand Port de St Nazaire.  

Celui-ci souhaite en effet «préparer un débat public et une enquête publique», notamment pour définir les mesures compensatoires à prévoir en cas de destruction irréversible de la vasière du «grand tourteau» 

Notre organisation reste prête à rencontrer les dirigeants du port afin d’éviter de nouveaux incidents inadmissibles tels que ceux dont nous avons été victimes le 7 mars 2015 (voir le reportage ci-dessous)

Natur'action souhaite ainsi être un partenaire privilégié du port, et contribuer à la préservation de l’estuaire de la Loire.

 

Voir ci-dessous l'historique de la protection de la vasière par Natur'action. 

Dernier espace sauvage de Saint Nazaire

La ville de Saint Nazaire est connue pour son activité de construction navale et de ce côté de l'estuaire de la Loire l'industrialisation est reine. Pourtant, au pied du pont de Saint Nazaire il existe encore un petit bout de nature, le dernier espace sauvage de Saint Nazaire, utile notamment pour le nourrissage de nombreux oiseaux et de poissons plats : la Vasière de Méan ou "Grand tourteau".

Cet endroit est pourtant menacé par un projet d'extension de la zone portuaire, un terminal roulier devant être déplacé afin de laisser un accès au fleuve à l'usine d'éoliennes Alstom.

Rôle d'une vasière dans l'éco-système

On pourrait penser que cette zone vaseuse, qualifiée de "timbre poste" par les dirigeants de la zone portuaire, ne présente qu'un intérêt paysager mais elle est importante pour plusieurs raisons :

- c'est une nourricerie de solettes (intérêt pour la biodiversité et... l'économie de la pêche) avec des conditions idéales pour leur croissance - protection contre les prédateurs, conditions de salinité et nourriture abondante avec de petites proies faciles à manger comme les vers... -

- sur la vasière viennent aussi se nourrir de nombreux oiseaux : avocettes, guifettes, sternes, barges rousses, chevaliers, courlis, canards tadornes ...

- la vase agit comme un filtre sur lequel vont se fixer les bactéries et les virus. C'est donc un enjeu touristique :

"Plus il y aura de vasières, plus nous aurons de drapeaux verts sur nos côtes !" commente Anne-Laure Barillé, doctorante en biologie marine.

- On a perdu 50% des zones de nourriceries en un siècle pour l'estuaire de la Loire" ajoute-elle.

- * Du point de vue écologique, rien n'a été évalué quant aux conséquences sur la rivière le Brivet, sur la Brière qu'elle dessert, sans parler des effets sur l'hydrologie du chenal." ajoute Gilles Denigot.

Déplacement du terminal routier

Le vendredi 28 février les journalistes avaient été conviés par l'association Nature Action afin de présenter la zone et les arguments à faire valoir pour sa conservation :

* Le projet de détruire cette vasière s'inscrit dans un déplacement d'espaces industriels. Embarquant et débarquant camions et automobiles vers l'Espagne, le terminal roulier, actuellement implanté au pied du pont de Saint Nazaire, doit être déplacé afin de laisser un accès au fleuve à l'usine d'éoliennes Alstom et les ingénieurs du port ont décidé qu'il le sera sur la vasière de Méan, au plus près de l'actuel terminal mais de l'autre côté du pont :

"On créerait un cordon de digues avec des enrochements pour remplir une cinquantaine d'hectares (sur les 71 de cette vasière). L'investissement est d'une centaine de millions d'euros." expliquait en janvier 2013 Jean-Pierre Chalus, le directeur du port.

 

 

Les arguments pour sa préservation

"Il y a beaucoup de terrains disponibles de l'autre côté et nous avions aussi proposé un plan B : construire les quais sur pilotis pour rejoindre l'autre côté du Brivet. 

- Le besoin d'espace pour les activités portuaires n'est pas avéré. L'usine Alstom pouvait trouver 15 Ha pour s'installer sur les 120 Ha des chantiers navals STX. Maintenant que l'usine est là, détruire la vasière n'est pas non plus utile : cette usine peut fonctionner en même temps que le terminal routier, c'est très gérable en l'état, du point de vue portuaire il n'y a aucune justification à annexer cette vasière", explique Gilles Denigot. *

Zone classée

La vasière de Méan est une zone classée par différents organismes :

- Natura 2000

- ZNIEFF : Zone Naturelle d'Intérêt Ecologique et Faunistique

- ZPS : Zone de Protection Spéciale

On a d'autant plus de mal à comprendre que malgré toutes ces "protections" elle est menacée...

Outre l'association Nature Action, la LPO et Bretagne Vivante sont parties prenantes dans la protection de la vasière de Méan.

 

Un petit port plein de charme

Si vous allez vous promener le long des quais du petit port de Méan, situé juste avant la vasière, vous ne manquerez pas de tomber sous son charme. Si ce projet voit le jour, n'y aura-t-il aucun impact sur cette enclave, préservée de l'industrialisation, où les barques attendent les pêcheurs ?

"Avant la construction du pont, là où s'étend la vasière, il y avait une plage, je me souviens qu'on y allait souvent." me confie l'un d'entre eux.

N'est-il pas plus que temps de préserver ce qui n'a pas été encore avalé par les mâchoires de notre monde industriel ?

Port de Méan

Rassemblement du 7 mars : intimidation musclée par les dockers

Le 7 mars 2015, le collectif Nature Action avait organisé un rassemblement contre le projet du port Nantes/Saint-Nazaire - qui vise à détruire la dernière vasière de l'estuaire de la Loire.
Ce site naturel est protégé jusqu'au niveau européen.
La vasière de Méan, ou "Grand Tourteau" est le dernier fragment d’une vasière autrefois très étendue, à haute productivité primaire, bordé de petites surfaces de prés salés et de roselières.
Ce site est protégé pour sa faune,sa flore mais aussi pour son rôle de filtre,de puits de carbone et son rôle d'exutoire de la Brière  puisqu'il se situe dans l'estuaire du Brivet..
Rien ne justifie donc ce remblaiement qui aurait des conséquences durables et néfastes sur l'estuaire de la Loire et sur la qualité de l'eau bien au-delà de nos côtes.
 
Mais le rassemblement ne s'est pas passé comme prévu... 

 

Ce rassemblement - organisé par Nature Action - a en effet été empêché par la présence de 150 dockers qui ont usé de méthodes fortes d'intimidation : stand de Nature Action renversé, documents déchirés, micro embarqué, personnes bousculées dont des journalistes, tee-shirt brûlé, lancers de pétards... les gens venus pour le rassemblement ont dû reculer, tous choqués.

 

 

* Trois extraits de ce reportage, précédés d'un astérisque, proviennent de l'article de Nicolas de la Casinière écrit pour Reporterre en mai 2014,

lire l'article complet par ici

 

contact@natur-action.fr 

 

Vol au-dessus de l'environnement de Méan - Photos Serge

Aperçu panoramique

Commentaires (8)

gueniffey
  • 1. gueniffey | 20/03/2015
Dans l'action des portuaires CGT, il y a deux niveaux gravissimes
1 un syndicat qui agresse des citoyen-nes (dont cetain-es de leur confédé CGT) alors que les actions syndicales sont contre les patrons ou les flics
2 la présence du sombre Blanchard chef FHaine de St Nazaire très bien acceuilli dans les rangs des portuaires. Quand le FHaine sera majoritaire au syndicat cgt du port, il y a des bureaucrates qui vont se retrouver à la flotte. A moins que leur logique de violence les conduisent eux même au FHaine. Comme déjà quelques individus de quelques syndicats.

Après avoir été le creuset de la CGT voilà plus d'un siècle, le 44 serait le laboratoire de la transformation d'un syndicat en syndicat fasciste.

A NOUS TOU-TES DE REAGIR
Truffeau
  • 2. Truffeau | 11/03/2015
#hiard
Je suis militant comme toi , tu es contre la violence pour les écolos, mais tu prônes la violence contre les lepénistes ?
Moi je suis contre la violence tout court !
lepénistes, écolos ou tartenpion la violence ne rapporte rien.
Je n'étais pas à montoir, mais je comprends la colère de nos dockers, mais la colère est mauvaise conseillère.
La présence d'élus fn ne me choque pas, ce qui me choque c'est que nos amis PC, FDG (je ne parle pas du ps beurk) etc ne soit pas venus s'exprimer et donner leurs avis.
hiard
  • 3. hiard | 09/03/2015
Bonjour,

je suis à la CGT et je trouve lamentable que des militants du syndicat agressent des militants écolos alors que si des solutions sont proposées, il faudrait déjà en discuter. La solidarité (article 1 de la CGT) est souvent oublié par des militants (?) ...
Que les dockers aillent casser du militant lepéniste ou manifestent contre le capital ou bien ils se sont trompés de syndicat et de combat.

L'ennemi n'est pas là où l'on croit !

navrant
Jallier
  • 4. Jallier | 08/03/2015
Voici mon témoignage : j'aimerais ajouter qu'une vingtaine de pétards gros comme de barreaux de chaise ont été balancés au milieu du groupe ( pro et opposants mélangés), que les "écolos" se sont vus refuser la parole, et poussés physiquement, puis bousculés quand ils résistaient: pas Charlie! J'ai même vu une matraque dans la main d'un docker. parmi les protecteurs de la vasière se trouvaient aussi d'anciens dockers les accusant de défendre leurs acquis avantageux.  Pour ma part, j'ai demandé le dialogue à un groupe de trois hommes qui a refusé pour aller retrouver les autres. Plus tard, on m'a crié dessus des " ce que vous ne comprenez pas, c'est que..." à trois ou quatre hommes en même temps, me reprochant de me " f... de l'emploi" pour préférer " les p'tits oiseaux". J'ai finalement pu entendre les arguments de l'un d'eux, un peu calmé, mais à aucun moment pu "échanger" réellement. Nous avons pu nous entendre sur un point: les dockers ne sont pas contre la nature, et les écolos pas contre l'emploi, il devrait donc y avoir moyen de croiser nos sources d'information et de dialoguer...
La police n'est jamais intervenue pour nous protéger, alors que nous étions en danger. J'ai parlé à celui qui observait de sa voiture, il m'a seulement confirmé que oui :" les rapports de force n'étaient pas en notre faveur" ...je n'ai pas voulu l'interpréter comme un " vous feriez mieux de partir" mais peu après je lui ai demandé pourquoi ils étaient si peu nombreux, et vu l'énervement, pourquoi des renforts ne venaient pas. Réponse: ils sont un peu plus loin, prêts à intervenir si ça dérape. Question, pourquoi ne sont-ils pas là préventivement? Le policier se détourne sans répondre.
À priori, aucun docker n'a été inquiété. Un écolo n'aurait-il pas fini en GAV pour le dixième de ce qu'ils ont fait?
Daniel Houguet
  • 5. Daniel Houguet (site web) | 08/03/2015
J'ai essayé de discuter avec des militants CGT. Mais il n'y avait pas moyen: ils n'étaient pas venus pour discuter mais pour rechercher l'affrontement.
Stéphanie
  • 6. Stéphanie | 08/03/2015
L'image de St-Nazaire commence pour tout passager venant du sud par la zone portuaire. Méan, sa vasière, ses envolées d'oiseaux, son petit port cohabitent avec l'industrie gigantesque de construction navale. Il me semble nécessaire de péserver ce petit bout de nature pour l'équilibre de cette ville, l'envie d'y rester pour ses habitants, l'envie de s'y arrêter pour les touristes. Méan et le brivet sont aussi une porte vers la brière. Méan fait également partie de l'histoire de St-Nazaire et son activité portuaire. Respectons ce lieu tel quel !
DAUBIN Nelly
  • 7. DAUBIN Nelly | 05/03/2015
Méannaise expatriée en Afrique depuis près de 40 ans, je serais par la pensée avec vous le Samedi 7 mars. Tous les ans, je reviens dans ce quartier où ma maman y habitait encore l'année dernière, il ne faut pas que cette vassière disparaisse, le petit port de Méan c'est toute mon enfance, les baignades dans le Brivet avant d'apprendre à nager dans le port de St Nazaire !
GOUYET MICHELLE
  • 8. GOUYET MICHELLE | 26/02/2015
bonjour,
ne pouvant pas venir à cette période et habitant loin , que faut-il faire pour vous soutenir pour protéger cette vasière.
soyons tenace pour protéger notre planète.
Cordialement
Michelle GOUYET

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Date de dernière mise à jour : 22/07/2018