Les organisations paysannes du 44 soutiennent les inculpés

F. maintenu en détention et Greg libéré mais sous contrôle judiciaire

Alors qu’un an après l’abandon de l’aéroport, Édouard Philippe est à Nantes pour faire le point sur la situation, le verdict de la cour d’appel de Rennes a été rendu ce matin : F. est maintenu en détention et Greg est libéré sous contrôle judiciaire. Nous sommes consternés et en colère face à cette décision inique. Si nous sommes soulagés que Greg ne soit plus en prison (ce qui est la moindre des choses), nous ne pouvons comprendre que F. et Ben y soient encore. Et ces privations de liberté sont d’autant plus incompréhensibles que le dossier se fonde sur les allégations d’un plaignant dont on peut se permettre de douter du fondement ; rappelons qu’il a assené des coups de hache à Greg, qu’il a menacé à l’arme blanche plusieurs personnes et qu’il se promenait depuis des semaines à la zad armé de cette même hache et d’un bouclier, effrayant pas mal d’entre nous.

C’est pourtant ce récit uniquement à charge du parquet qui a été répété point par point par la cour d’appel, prenant pour argent comptant des témoignages sous X relayant principalement des rumeurs. Nous le redisons alors : ce qui s’est passé le 5 octobre n’a rien de « l’éviction d’un radical indésirable ». Un homme s’est montré extrêmement dangereux, a fait peur à de nombreuses personnes, qui ont dû réagir sans attendre pour ne pas que d’autres coups potentiellement mortels ne soient donnés. Aujourd’hui, la justice voudrait dépeindre nos cinq amis comme des monstres, alors qu’ironie du sort, il se trouve justement parmi eux des gens qui depuis des années étaient très impliqués dans la médiation, le soin et l’écoute, qui recueillaient chez eux des personnes allant mal pour les accompagner. Qui à de nombreuses reprises ont organisé le suivi quotidien de certains habitants qui avaient besoin d’aide. Ce dont nous sommes punis aujourd’hui, c’est clairement du fait « d’avoir voulu se passer de l’état », c’est-à-dire en l’occurrence de n’avoir pas livré le plaignant à la police, laquelle n’a pourtant pas cette habitude de pratiquer le soin et l’écoute lorsqu’elle a affaire à des gens en peine, souffrant d’addictions ou de problèmes psychologiques.

Ceux qui sont punis depuis le 22 janvier, ce sont donc aussi les personnes de la zad que les inculpés aidaient et accueillaient. Ce verdict punit également leurs proches, leurs amis, leurs enfants. Il punit les mères qui devront s’occuper seules d’enfants privés de pères. Il punit leurs animaux, laissés aux bons soins des voisins qui s’organisent tant bien que mal pour qu’ils aient le nécessaire. Il punit toutes celles et ceux qui ont pris part au projet commun, désormais fragilisé par l’emprisonnement de compagnons qui venaient pourtant d’obtenir une stabilisation de leurs conventions d’occupation. Il punit un mouvement de lutte qui a eu l’audace de ne pas baisser la tête. Et qui ne la baisse toujours pas : le comité de soutien se réunit dès ce soir et va continuer à se battre pour que les vies de nos compagnons ne soient pas brisées.

Soutien des organisations paysannes

Avant l'appel pour la libération de Greg et F.  mardi 5 février, à la cour d'appel de Rennes, nous vous transférons un communiqué des organisations paysannes de COPAIN 44 (le collectif des organisations professionnelles agricoles indignées par le projet d’aéroport incluant la Confédération paysanne 44, le civam, GAB 44, Accueil Paysan, Terroirs 44) en soutien aux porteurs de projet inculpés.
 
 
SOUTIEN AUX PORTEURS DE PROJETS INCULPES

Au nom de COPAIN 44, nous sommes ici pour apporter notre soutien aux personnes inculpées suite à une altercation. Depuis des mois, après une période d’expulsions difficile et très mal vécue, à la fois par les habitants de la ZAD et pour ceux des communes concernées, le calme était revenu et la volonté des porteurs de projets d’aller au bout de leur installation en acceptant des règles contraignantes était toujours intacte.

De nombreuses rencontres ont eu lieu soit avec la Préfecture soit avec le service agricole de la DDTM avec des discussions âpres pour défendre des projets collectifs.

La semaine dernière, une grosse opération policière est venue pour interpeler 5 personnes qui ont été mises en examen. 3 d’entre en eux, Ben, Greg et F. sont toujours en détention, Sarah et Guillaume sont libérés sous contrôle judiciaire, mais sont surtout interdits de territoire. Nous sommes surpris par l’ampleur de ces décisions. Des personnes agressées à la hache par un de ceux qui ne supportent pas certaines règles collectives et se retrouvent en prison pendant que l’agresseur reste libre.

Nous demandons à la justice, en attendant un procès équitable, de libérer Ben, Greg et F. de façon à ce qu’ils puissent assurer leur travail. Oui, une ferme a besoin de ses paysans et ceci tous les jours, que ça soit pour les animaux, (veaux, vaches, cochons, volailles) ou pour les légumes, en serre ou en plein champ.


Ce ne sont pas de doux rêveurs comme certains voudraient le penser mais aujourd’hui des collègues, qui sont dans leurs parcours d’installation, qui pour certains ont repris des études qualifiantes et qui ont mis en place des productions.

Nous ne comprenons d’autant moins ces décisions que mercredi dernier, nous étions, la délégation, à la préfecture pour discuter des derniers petits conflits fonciers et surtout pour qu’ils nous remettent tous les dossiers COP signés avec la présence du Conseil Départemental, le tout dans un esprit constructif.   Le CD souhaite un développement agricole respectant l’environnement, qui mieux que nos amis mis en examen est en capacité d’y répondre. Monsieur le juge, nous vous demandons la remise en liberté des cinq, en attendant un procès équitable, pour qu'ils puissent tous assumer sans limitations, leurs obligations professionnelles et familiales. A tous les habitants de la ZAD, sachez que nous, les paysans-nes de COPAIN, nous sommes avec vous et nous vous soutiendrons.

Nous sommes des proches et ami.e.s des inculpés
Nous soutenons ces camarades

Parce que ce sont des hommes et des femmes avec qui nous avons participé à la lutte contre le projet d'aéroport à NDDL et contre le monde qui va avec ces grands projets inutiles et imposés.

Parce que nous continuons à essayer de construire avec elles et eux une autre façon d'habiter et de vivre dans ce bocage et de lutter pour un autre monde.  

Parce qu'au vu des faits reprochés, le traitement policier et judiciaire est inhabituel. En effet nous pensons qu'à travers la façon dont ont été menées ces arrestations, à travers leurs garde à vue de 48 heures, à travers les mesures de restrictions de liberté qui vont pour trois personnes jusqu'à la privation complète de liberté, l'Etat les fait payer pour la lutte qui a été menée collectivement et qu'à ce titre nous nous sentons concerné.e.s et que nous pensons que nous sommes tous et toutes concerné.e. s.

Parce que nous savons à quel point la prison est délétère pour la santé psychique et physique des personnes et constitue une rupture dans leur parcours de vie, à quel point elle est délétère aussi pour leurs proches : conjoint.e.s, compagnons et compagnes, enfants, parents, ami.e.s...

Parce que nous pouvons témoigner, en tant que soignants et soignantes, des traumatismes physiques et psychiques que les personnes qui ont lutté contre ce projet ont subi à travers les expulsions, destructions d'habitats et violences liées aux interventions policières alors même que l'Etat avait abandonné le projet d'aéroport et que nous savons  que cette nouvelle épreuve vient s'ajouter pour ces camarades inculpé.es et pour leurs proches à ces traumatismes dont les effets sont encore présents actuellement pour nous tous et toutes.

Quelques soignant.es proches et ami.e.s des inculpés

3 février 2019 : chantiers de solidarité

En ce beau dimanche ensoleillé, environ 250 personnes se sont rendues à la zad pour manifester leur solidarité avec les cinq inculpés du 22 janvier. Sept chantiers se sont tenus simultanément, à la fois pour le maintien des activités de nos camarades de lutte enfermés ou interdits de territoire, et les soutenir par des gestes attentionnés. Le mouvement a encore démontré aujourd’hui l’importance pour nous tous du soin porté les uns aux autres après avoir traversé ensemble ces années de lutte. Des personnes de toutes les composantes (COPAIN, Naturalistes en lutte, quelques soignantes, NDDL Poursuivre ensemble et habitants de la zad), des environs et parfois même de loin étaient présentes, dans  une ambiance chaleureuse.
La tentative de division et de création de figures-repoussoirs opérée par le Parquet et sa communication ont donc manqué leur cible : c’est toute une communauté de lutte qui réagit par la parole et par le geste. Une communauté de lutte touchée et en colère, parce que jeudi dernier, la cour d’appel de Rennes a refusé de rendre à Ben sa liberté, mettant ainsi fortement en danger ses projets ici, et le séparant de sa fille et de ses proches. Mardi prochain, à partir de 9h, cette même cour d’appel jugera les appels de mise en détention de F. et Greg, eux aussi  embastillés sur les bases d’un dossier reposant uniquement sur les affirmations d’un plaignant qui reconnaît avoir porté à Greg des coups de hache... Celui-ci, grièvement blessé, avait dû être immédiatement opéré aux urgences. Ce serait donc un incroyable retournement de situation que des maintiens en détention soient prononcés ce mardi, dans un dossier dont la constitution montre pour l’instant le parti pris unilatéral du parquet.
D’ores et déjà, nous réfléchissons ensemble aux prochaines mobilisations, et le comité de soutien se renforce.

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Convention d'occupation précaires

Parmi les 5 personnes interpellées le 22 janvier dernier, accusées de violence et de séquestration, trois sont aujourd’hui en détention provisoire. Le maintien en prison de ces trois habitants de la zad est incompréhensible. Le dossier, qui repose sur un stupéfiant renversement de situation, est constitué du témoignage affabulateur du plaignant qui a attaqué à coups de hache l’un des emprisonnés, et du récit invérifiable de deux témoins sous X. Il n’y a aucune raison pour que nos trois compagnons de lutte soient éloignés de leurs amis, de leurs familles, de leurs bêtes. C’est pourquoi ils ont fait appel de leur détention : pour Ben cet appel aura lieu demain à la cour d’appel de Rennes, pour Greg et F. mardi 5 février (à Rennes encore).

Ce matin même, la Préfecture a remis pour signature les Conventions d’Occupation Précaires attribuant les terres pour une nouvelle année à 15 des projets agricoles prenant place sur les terres de la zad. Deux des signataires sont parmi les détenus.

Mais le Parquet, donc l’État, les a de manière paradoxale mis dans l’impossibilité d’honorer leur engagement, en décidant de les arrêter une semaine avant ces signatures (et plus de quatre mois après les faits). Si demain et mardi la cour d’appel décide de leur maintien en détention, leurs projets risquent de s’effondrer, mettant aussi à mal le projet commun.

Dans l’attente de la libération des trois détenus, nous organisons des chantiers et un atelier d’écriture dimanche prochain à la ZAD à partir de 10h (rendez-vous à Bellevue) afin d’affirmer notre soutien concret aux 5 personnes arrêtées et à leurs activités.

Communiqué : Attaque judiciaire de la zad

Voici le communiqué concernant l'arrestation de cinq personnes habitant sur la Zad qui explique en détail ce qui s'est passé avant-après. Je choisis de le publier intégralement, contrairement à d'autres médias, car je connais certains d'entre eux et j'ai toute confiance dans leurs dires.

Mardi dernier cinq personnes ont été arrêtées à la zad et à l’extérieur dans un déploiement policier massif. Après 48 heures de garde à vue, sur demande du parquet, il a été décidé de l’ouverture d’une instruction et de leur maintien en détention pour une durée indéterminée.

Le texte ci-dessous revient aujourd’hui sur les faits qui ont conduit à leur arrestation. Il met en avant le retournement délirant de situation dans lequel se trouve présentée en victime une personne qui a tenté il y a quelques mois de donner un coup de hache dans la tête d’un habitant de la zad et l’a grièvement blessé à la main. Il décrit la machination judiciaire et l’instrumentalisation politique à l’œuvre, à base de témoignages sous X et de délations calomnieuses. Il insiste sur la nécessité de se mobiliser largement dès maintenant pour que ces habitant.e.s de la zad et compagnon.ne.s de la lutte soient remis en liberté au plus vite (les prochains rendez-vous à ce sujet y sont précisés).

Mardi dernier, cinq compagnons de lutte ont été arrêtés au petit matin.* La machinerie policière et judiciaire s’est alors mise en route. Deux d’entre eux, Sarah et Guillaume, sont désormais sous contrôle judiciaire avec une interdiction d’aller à la zad, de se voir, et une obligation de pointer au commissariat trois fois par semaine. Les trois autres, F., Ben et Greg, ont été placés en détention « provisoire » dans l’attente d’un procès qui peut mettre des mois, voire des années, à advenir. Qu’ils soient « libres » ou en prison, ils ont été séparés de nous, soustraits à leurs amis, à leurs familles, à leurs activités, au soin de leurs animaux, à ce qui fait leur vie et la nôtre.

Cette opération visait en premier lieu à réduire le mouvement à un silence gêné, face à des accusations aux noms infamants, elle nous voulait sidérés, effrayés, mutiques. Sur ce plan-là, elle est en train d’échouer, parce que nous connaissons les techniques retorses visant à briser et diviser les luttes pour les avoir déjà rencontrées auparavant. Et parce que nous savons que les faits sont bien différents du récit journalistique et/ou policier qui en a été fait. Concernant le plaignant, il s’agit d’un homme qui vivait ici et qui, dans les jours précédant les événements, avait à plusieurs reprises menacé des personnes avec des armes blanches (un couteau de chasse et une hache). Suite à ces comportements inacceptables, il lui avait été signifié de ne plus revenir sur les lieux, c’est-à-dire à la ferme de Bellevue. Mais il y est malgré tout retourné à plusieurs reprises. Le 5 octobre, il est revenu une énième fois, muni d’une hache et d’un bouclier. Il lui a été demandé de partir, ce qu’il n’a pas fait ; c’est dans ce contexte qu’il a assené à Greg un coup de hache dans la jambe, puis dans la main qui protégeait sa tête. Ses blessures étaient graves et il a dû être immédiatement conduit à l’hôpital et opéré. S’il n’avait pas eu le bon réflexe de se protéger de sa main, le coup aurait pu le tuer. Devant la gravité de ces faits et pour parer au plus pressé, c’est-à-dire empêcher que d’autres coups ne soient donnés ou que la situation n’empire encore, il a été désarmé et éloigné de la zad (c’est cet éloignement qui est qualifié d’enlèvement avec séquestration par le juge d’instruction, sans que l’on sache aujourd’hui ce qui permet d’affirmer que les personnes arrêtées y ont bien pris part). Souffrant de bleus et de contusions, il a alors décidé de porter plainte, et a produit un récit  affabulateur, tout en ne niant pas avoir donné des coups de hache. Mercredi dernier, alors que les arrestations avaient été relayées par les médias, deux personnes sont venues faire une déposition sous X à la gendarmerie.

Cette affaire s’appuie donc en partie sur des délations calomnieuses, de la part du plaignant mais aussi d’anonymes, qui peuvent raconter n’importe quoi sans que les inculpés puissent se défendre, sans que les avocats ne puissent faire de réelle contre-enquête sur leurs dires, sans qu’une confrontation n’ait lieu.

Alors que les arrestations étaient en cours, qu’une « bulle stratégique » entourait les lieux de vie des inculpés, un des gendarmes présents nous a dit :  « Cela n’a rien à voir avec le mouvement, c’est du droit commun ». Comme si nous étions dupes, comme si nous allions répondre que dans ce cas-là, il n’y avait pas de souci… Nous comprenons très bien que ce montage en épingle n’émerge pas, comme ils le prétendent, de conflits politiques internes, mais du conflit politique entre l’État et un mouvement de lutte. Il y a eu, il y a et il y aura sans doute encore des désaccords entre nous, mais que vient faire cette histoire de violence, de comportement dangereux, là-dedans ? Une fois de plus, l’État tente d’instrumentaliser les différends pour affaiblir, diviser et diffamer ceux qui prétendent lui résister. Nous l’avons déjà expérimenté… L’enquête qui a eu lieu a été menée uniquement par le parquet, c’est-à-dire le procureur, c’est-à-dire le ministère. Un juge d’instruction (prétendument indépendant du pouvoir) ne s’en charge que depuis jeudi dernier. Ainsi, c’est l’État qui a décidé à la fois des charges et du calendrier. Il n’aura échappé à personne ici que ces arrestations ont lieu exactement au moment où nous devons renouveler la signature des Conventions d’Occupation Précaires et donc potentiellement des baux sur les terres que nous cultivons. Deux des emprisonnés sont dans ce cas. La situation qui leur est faite ne met donc pas seulement en péril leur vie personnelle, mais aussi nos projets communs. Tous les trois ont évidemment fait appel de leur détention.

Le mouvement a fait face cette année à deux offensives militaires accompagnées de multiples condamnations, à une offensive administrative, et voici que s’ouvre maintenant une nouvelle offensive judiciaire. Nous nous attendons dans ce cadre à d’autres arrestations, car il semble que n’importe qui puisse accuser des gens de n’importe quoi tout en restant anonyme, et les envoyer en prison. Mais déjà le soutien s’organise. Lundi 28 janvier, à 20h à la Rolandière une première réunion du comité de soutien aura lieu. Dans les jours qui suivent, nous donnerons une conférence de presse, et dimanche 3 février, des chantiers se dérouleront. Car nous n’allons pas laisser les activités des prévenus s’éteindre avec leur absence forcée, nous les maintiendrons jusqu’à leur retour parmi nous. Car si aujourd’hui il y a un bocage à travers nos fenêtres, si aujourd’hui ce ne sont pas les avions que l’on entend en se levant le matin, c’est parce qu’ils furent là pour s’y opposer. Il y a des souvenirs que rien n’obscurcit. Et un futur que l’on compte bien bâtir avec eux.

Rouge et noir maraichage

 

 

 

 

 

 

Communiqué du 22 janvier *

Ce 22 janvier à 6h du matin, la zad a été réveillée par un dispositif policier digne d’une opération d’expulsion pour arrêter trois personnes.

Nous avons assisté à une mise en scène spectaculaire avec des perquisitions simultanées, des dizaines de fourgons, des chefs d’inculpation et des commentaires médiatiques qui cherchent à nous stigmatiser : « association de malfaiteurs », « bandeorganisée », « règlement de compte », etc. Deux autres personnes ont été arrêtées plus tard dans la journée  en dehors de la zad.

Jeudi 17 janvier, plus  de 500 personnes célébraient la victoire contre l'aéroport lors d'un banquet.
Un an après l’abandon et alors que les activités menées par les habitants s’enracinent, le moment est sans doute jugé opportun par certains pour monter une nouvelle fois on ne sait quelle histoire en épingle pour donner au bocage une image anxiogène. Après les expulsions du printemps, en est-on à une nouvelle étape de la vengeance d'Etat ?
Après les fantasmes déjà distillés dans la presse par la gendarmerie sur les fausses « caches d’armes » ou les « tunnels viet-congs », on nous sort du chapeau ce matin un nouvel épouvantail destiné à effrayer l’opinion publique. Ce ne serait pas la première fois que les enquêteurs brandissent un dossier vide et utilisent l’association de malfaiteurs pour criminaliser un mouvement.

Ce qui est sûr en revanche, c’est que les personnes arrêtées sur la zad ce matin ont été engagées de longue date dans le mouvement anti-aéroport, sont intégrées dans les diverses activités, liens de voisinages et de solidarité locale, et vivent ici depuis plusieurs années. Nous appelons dès aujourd’hui à ne pas tomber dans le panneau de la diabolisation
policière et à les soutenir.

Un rassemblement a eu lieu ce mercredi 23 à midi devant la gendarmerie de Saint-Nazaire.

L'Ambazada

Fête sur la zad pour l'anniversaire de la fin du projet d’aéroport

Le jeudi 17 janvier, cela fera 1 an qu’il n’y a plus d’aéroport qui plane au-dessus de la zad ! S’il ne s’agissait que d’une victoire partielle avant les attaques qui ont blessé la zad au printemps, le 17 janvier restera un événement historique, fruit de décennies de luttes créatives, abrasives et acharnées... Nous avons gagné ensemble cette journée inoubliable et ravivé la possibilité de mettre en déroute certains des aménagements qui ruinent ce monde ! Nous avons oeuvré ici à y susbtituer dans la durée un territoire vivant et solidaire, bien commun des luttes.

Pour le célébrer et continuer à se projeter, une première fête d’anniversaire a été organisée.

Elle fut aussi l’occasion de présenter publiquement les premiers objectifs du fonds de dotation et la campagne de dons en cours. Elle marque le processus progressif pour réunir les terres, forêts et bâtis de la zad au sein d’une forme de propriété collective à même de favoriser la consolidation des communs. *voir plus bas explications détaillées

"Ce fut une longue bataille pour la préservation de ce bocage et nous continuons à vouloir protéger cet écosystème fragile en empêchant l'accaparement des terres par l'agriculture intensive qui entraînerait la pollution des sols et la destruction des haies...

On veut aussi prendre garde au bâti, à la façon dont les gens vivent, dans le respect de cette zone environnementale habitée. On a la volonté de reconstruire sur les lieux qui ont été détruits lors des expulsions.

A l'heure où on tire la sonnette d'alarme sur les dégradations environnementales et leurs conséquences à court et long terme, on a envie de voir se développer ici un projet "futuriste" qui va bien au-delà de la zad car on a la chance de voir sur une grande surface un exemple de ce qui peut se faire.

La zad est située sur un réseau hydrographique important or le gouvernement a un discours incohérent, d'un côté il nous dit "il faut protéger l'eau" et de l'autre "vous pouvez continuer à polluer". Ici on peut faire de l'agriculture tout en protégeant l'eau.

Anes et brebis

La zad s'étend sur 1600 ha que ses habitant.e.s souhaitent protéger en achetant des parcelles, appartenant à l'Etat, grâce à un fonds de dotation auquel chacun.e d'entre nous peut participer.

Au programme de cette journée :

Il y a eu d'abord une balade naturaliste guidée par Jean-Marie, botaniste des Naturalistes en lutte..

Balade naturaliste avec J.Marie botaniste

A 16h il y avait une invitation à se retrouver pour goûter à Lama Fâchée, à la croisée des routes D281 et des Fosses Noires avec un bar avec des boissons chaudes, des galettes, de la musique, de la peinture pour décorer la route, la mise en place d’un lama géant...

D281

Et à l'Ambazada à partir de 17 h : un goûter, des chants,slam, feu d’artifice, survol poétique du ciel, marche aux flambeaux, banquet, présentation spectaculaire du fonds de dotation, fest’noz, intermède shostakovich et musique de chambre, concert et danses...
L'Ambazadpreparatifs du spectacle a la rolandiere

Rétrocession, avenir de la zad et fonds de dotation

En rétrocédant aujourd’hui une partie importante des terres et bâtis de la zad au Conseil départemental, l’Etat a, sans surprise, fait le pari de la facilité : il se défausse plutôt que de favoriser la poursuite d’une expérience singulière qui tente de répondre de manière créative aux enjeux climatiques, agricoles et sociaux actuels. Un fonds de dotation " La terre en commun" s’est constitué autour de personnes représentatives de la variété du mouvement, dont l’objet est, entre autres, la défense de la biodiversité et de l’agriculture paysanne. Il se propose comme première activité d’acquérir progressivement le foncier et le bâti de la zad. Il a pour but de construire pas à pas des formes de propriété collective permettant au mieux une prise en charge de ce bocage par celles et ceux qui le protègent et en partagent quotidiennement l’usage. Ce fonds de dotation se porte, dans l’immédiat, candidat pour l’acquisition des terres, parcelles boisées et bâtis de la zad qui n’ont pas été rachetées par le conseil départemental et ne seront pas l’objet, dans les prochains mois, d’autres rétrocessions.

En plus de la stabilisation des projets issus du mouvement, il nous faudra poursuivre notre action pour que ces terres soient dédiées à de nouvelles installations paysannes soucieuses du soin du bocage plutôt qu’à l’agrandissement d’exploitations existantes. Nous allons devoir également continuer notre combat pour que les forêts de la zad soient pensées et utilisées comme des "communs", par le biais des collectifs qui ont commencé un travail novateur à ce niveau au cours des dernières années. Nous allons aussi oeuvrer pour que les habitant.e.s actuel.le.s puissent continuer à rester vivre sur place et que la zad reste un territoire d’expérimentations sociales.

 

Pour faire un don "terres en commun"

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Date de dernière mise à jour : 08/02/2019