Zad de NDDL le 8 avril 2018 : consternation, inquiétude et détermination

On se prépare

"Comment vous sentez-vous à la veille des expulsions annoncées ?" interroge un journaliste lors de la conférence de presse donnée à la Rolandière ce dimanche 8 avril 2018, veille des expulsions annoncées par le gouvernement.

"Nous sommes consternés par cette annonce car le premier ministre avait parlé d'une "sortie sereine" or ce n'est pas en envoyant des milliers de policiers un peu comme "une vengeance nécessaire" que le climat peut rester serein. Nous venons d'envoyer une demande de convention collective car nous voulons éviter ce gâchis phénoménal, des dégâts humains, sur les habitats, sur les maraîchages, élevages et toutes les activités qui ont été mises en place ici pendant ces années de lutte, soutenus par des milliers de personnes."

Les agneaux

 

"Pour ces gens qui habitent là depuis des années aucune procédure nominative n'a été envoyée, nous n'avons pas eu accès aux procédures, le gouvernement "s'assoit sur le droit au logement. Certains d'entre nous ont reçu des propositions de conventions individuelles mais on veut rester solidaires, on a refusé de "faire un tri" comme le gouvernement l'aurait souhaité.

On se prépare donc à se défendre, on a lancé un appel pour venir nous rejoindre dès 4 h du matin, on a deux points d'accueil et il y aura aussi des mobilisations un peu partout en dehors de la zad. On va essayer de limiter l'ampleur des expulsions."

"On est en train de monter un camping "cheveux blancs" ajoute Geneviève "parce que nous sommes tous solidaires comme nous l'avons démontré dans la lutte contre l'aéroport et son monde, dans la convergence des luttes. Nous avons fait le serment en plantant nos bâtons de revenir les prendre si c'était nécessaire, on vient pour une certaine durée, sous le barnum il y aura un espace collectif."

Camp des cheveux blancs

"Nous sommes un collectif d'architectes qui voulons défendre la valeur des habitats qui se sont construits ici" ajoute Baptiste "La particularité de ces habitats est à préserver. Après les destructions on peut reconstruire mais on veut éviter le gâchis. On peut vivre d'une autre manière, tout cela pose des questions sur les lois, notamment les lois thermiques etc... Ici les expériences diverses nous apprennent beaucoup."

"Le droit n'est jamais figé, si les camarades paysans ne s'étaient pas installés "illégalement" ici en 1970, l'aéroport aurait probablement été construit. Le droit à la préservation de l'environnement existe lui aussi ainsi que le droit au logement."

"Des parcelles en agroécologie ont vu le jour ici mais aussi de l'artisanat, une bibliothèque, une minotterie, une boulangerie et d'autres activités, on veut préserver tout ça. Si c'était détruit pour mettre à la place six grosses fermes le bocage serait en danger. Il y a 70 lieux de vie sur la zad, des formes d'habitats différents, dispersés, des petites structures.

"La D281 a été nettoyé, sécurisée, c'est le conseil général qui l'a fermée dans l'attente des expulsions. On habite ici, on cultive ici, on restera sur la zad."

Quand je suis repartie en fin d'après-midi, dans plusieurs entrées de chemin se montaient des barricades...

Dès 3 h ce lundi 8 avril les expulsions ont commencé, pour suivre les évènements au fil de la journée :

zad.nadir.org

D 281 degagee

Zad - 8 avril 2018

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Date de dernière mise à jour : 09/04/2018