Journée mondiale des Zones humides 2013 sur la Zad

Samedi 2 février 2013, à l'occasion de la journée mondiale des zones humides, l'Acipa, les naturalistes en lutte, Bretagne vivante, la LPO proposaient une "visite guidée" des mares, sources et autres endroits spécifiques sur la commune de NDDL où l'on peut observer la flore et la faune de cette zone humide à 98%.

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« Les zones humides protègent notre eau » était le thème choisi pour 2013. Il était tout à fait approprié pour prendre conscience de l’importance capitale des zones  situées en tête de bassin versant. Des animateurs nous ont montré très concrètement ce qui caractérise cette zone humide, l’intérêt de ses sols « pauvres », les premiers signes du printemps autour des mares...

Nous avons commencé par observer des trous creusés par Vinci dans le cadre des "compensations"...quatre mares reconstituées afin de tricher sur celles-ci :

"Une mare n'a d'intérêt que dans le temps, sur une durée de 10 à 20 ans un équilibre se crée entre les amphibiens et le bétail. Une mare doit s'insérer dans un milieu, de plus ces mares-là n'ont pas été creusées dans un secteur où il y a des besoins, c'est juste une mesure de gestion, un moyen de communication pas une compensation. Ces mesures "compensatoires" n'ont pas  d'équivalent, par exemple ils peuvent très bien remplacer une mare par un champ...On peut rajouter que les avis des experts portent uniquement sur les espèces protégées en oubliant toutes les autres !" nous explique l'un des naturalistes.

25-mare-artificielle.jpgMare creusée par Vinci : absence de végétation, de vie

 

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Mare naturelle : végétation (jonc diffus, renoncule aquatique, potamot, callitriche, glycérie...)

ci-dessous pontes de grenouille agile 

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Dans la prairie, très humide et parsemée de touffes de jonc acutiflore, où nous nous arrêtons pour observer une mare naturelle, les plantes qui la colonisent, la vie qu'on y devine, on peut déjà voir les prémices du printemps dans les jeunes pousses de carum verticilée, d'oseille...

Un peu plus loin un ruisseau serpente à travers la prairie dans un paysage paisible et verdoyant.

Les naturalistes nous expliquent à l'aide de prélèvement de terre, comment reconnaître les périodes d'humidité et de sécheresse qui se succèdent sur ces terrains en observant les strates de couleurs qu'on devine sur la motte de terre.

Sur le chemin nous nous arrêtons ensuite auprès d'une source :

"Elle ne se tarit jamais, la circulation de l'eau y est très importante. Les paysans venaient y chercher de l'eau pour leurs animaux... Des fonctions importantes n'ont pas été prises en compte dans le dossier "eau" : l'auto-épuration par les bactéries, la régulation hydraulique. Les activités agricoles et humaines en général génèrent de la pollution, l'épuration des nitrates, du phosphore est donc indispensable."

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33-croix-des-4-communes.jpgNous nous rendons ensuite sur un deuxième site, appelé "Le circuit des 4 communes" : Notre Dame des Landes, La Paquelais, Vigneux et le Temple. La croix des 4 communes en témoigne... Près d'un ruisseau, nous sommes rejoints par Jacques, un agriculteur opposant qui nous parle du rôle primordial de cette zone humide :

"Il va falloir gèrer l'eau qui vient d'ici et l'eau qui vient de là-bas, si on fait des pistes là, il est évident que l'eau devra passer quelque part et on ne parle que de l'eau naturelle... il y a aussi les eaux de lavage. Les versants sont là... le rôle tampon d'une zone humide fait que cette eau ne va pas directement vers l'aval. Il y a à la fois le projet aéroportuaire mais aussi le projet autoroutier qui génèrerait des bassins de rétention d'eau, on se retrouverait avec des quantités d'eau... on voit bien que quand on est sur des sols comme celui-ci il y aura un problème ! 

- Ici tous les villages s'appellent la "Noé" signifiant les "noues" qui retiennent l'eau.

- J'ai entendu un ancien dire de la lande d'ici que c'est une éponge, à l'automne vous pouvez y aller tant que l'éponge n'est pas pleine... par contre au printemps il faut attendre que l'éponge s'assèche...

- Un drôle d'endroit pour faire un aéroport !" conclut l'un des participants.

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Il était essentiel que le lien se fasse entre les combats d’aujourd’hui et la Journée mondiale des zones humides qui commémorait la signature de la Convention sur les zones humides, le 2 février 1971, dans la ville iranienne de Ramsar. Comment ne pas souligner l’aveuglement d’un État qui nous invite à célébrer cette journée mais trouve encore de bonnes excuses 44 ans après la ratification pour détruire 2000 hectares de zones humides ! 

Dimanche 10 février aura lieu le deuxième rendez-vous donné par les Naturalistes en lutte : “Les Naturalistes en lutte veulent rendre compte des richesses naturelles de la ZAD. Naturalistes en lutte est soutenu par l'ACIPA, Bretagne Vivante, le Groupe mammalogique breton.” (les inscriptions pour les inventaires sont indispensables, suivre l'actualité sur le blog des naturalistesenlutte)

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Date de dernière mise à jour : 13/02/2018