Contre la bétonisation du Carnet

"En 50 ans de militantisme je n'ai jamais vu pareille répression"

Témoignage d'une militante présente durant le week-end des 5 et 6 juin 2021 au Carnet :

"La manifestation du dimanche 6 juin, contre la bétonisation du Carnet, précédée d'un pique-nique sous surveillance policière la veille, a été surveillée de très près. Un de nos militants de plus de 65 ans a été arrêté manumilitari alors qu'il était passager d'une voiture et que nous quittions les lieux. Nous avons ensuite été nassés avant de pouvoir repartir non sans discussion. Un escadron de gendarmes mobiles et des fourgons de la gendarmerie nationale pour "encadrer" une centaine de personnes dont des enfants.

Je n'ai jamais vécu cela en 50 ans de militantisme. On s'attend à des convocations et à des amendes.

Un tel déploiement de force pendant 2 jours je ne l'ai jamais vu. J'ai été contrôlée 4 fois. Et je ne parle pas des photos, du filmage et des paroles injurieuses ce soir. Un gendarme voulait me faire souffler dans le ballon et tester au cannabis. Finalement il ne l'a pas fait sur un geste négatif d'un de ses supérieurs. Si ce n'était pas aussi grave pour la liberté on pourrait rire de ce déploiement hors mesure. L'impression d'être au milieu d'un mauvais film, la volonté de faire peur un maximum par tous les moyens et d'empêcher la solidarité. Mais la lutte continue."

Communiqué du Collectif Stop Carnet

Interpellation violente d'un militant de Stop Carnet âgé d'une soixantaine d'années et un membre du Collectif Stop Carnet en garde à vue.
Témoignage :
 
Nous nous étions retrouvé.es ce dimanche 6 juin pour une manifestation joyeuse et pacifique autour de la commune de Frossay, pour exiger l'abandon définitif du projet destructeur au Carnet.
Un dispositif démesuré nous attendait sud Loire pour encadrer cette manifestation pourtant jugée "bon enfant" : la zone était quadrillée par les gendarmes de Vue à Saint Brevin..
Tout ça pour quelques 250 personnes qui défilaient paisiblement en chantant, dans la joie et la bonne humeur.
Alors que la manifestation se dispersait, dans le calme, et que les participant.es regagnaient leurs vehicules, cinq fourgons de gendarmerie mobile se sont déployés aux abords de la route, le long du parking.
Les manifestant.es n'osaient pas sortir en voiture de peur de se retrouver bloqué.es ou interpellé.e.s .
Un membre du collectif Stop Carnet s'est alors avancé pour s'assurer que tout le monde allait pouvoir quitter les lieux sans encombre. Les gendarmes lui ont affirmé que la voie était libre et lui ont garanti qu'ils n'allaient pas contrôler, interpeller ou bloquer les personnes présentes.
La voiture qui conduisait ce copain de Stop Carnet s'est alors engagée et s'est retrouvée immédiatement bloquée par une ligne de gendarmes qui ont immobilisé le véhicule.
Les gendarmes ont ouvert les portes et ont saisi violemment le camarade de Stop Carnet pour l'arracher de la voiture.
Ils l'ont plaqué brutalement au sol, lui ont passé les menottes, l'ont traîné sur plusieurs mètres pour le jeter à plat ventre dans une camionnette de gendarmerie, qui s'est empressée de déguerpir sur le champs, alors même qu'il n'était pas attaché ou même assis.
Mais qu'est ce qui justifie l'usage d'une telle violence ?
Qu'est ce qui justifie une interpellation si brutale et expéditive ?
Le membre du collectif Stop Carnet est toujours en garde a vue à l'heure où nous écrivons ces lignes.
Un médecin a attesté la présence de coups et de blessures sur le prévenu.
Nous dénonçons ce climat de terreur qui règne contre les lanceurs d'alerte et militante.s écologistes au Pays de Retz depuis quelques années et qui ne fait que de s'amplifier."
 

Récit de l'interpellelation

Hubert, paysan bio et membre du collectif Terres Communes et du collectif Stop Carnet a été arrêté violemment dimanche soir après la dispersion d'une manif bon enfant contre le projet industriel du Carnet à Frossay.

Alors que les autorités connaissent ses problèmes de santé et qu'il est visé par des agressions, menaces, intimidations par des civils dans le Pays de Retz du fait de son engagement militant (lire sur le blog Terres Communes) sans que ses plaintes ne soient reçues ou suivies de procédures, qu'il subit un harcèlement judiciaire et policier constant (au moins 60 passages d'hélicoptères sur sa ferme depuis 3 ans), il a été arrêté comme un grand bandit de manière violente pour ensuite se retrouver en Garde à vue prolongée  pour un dossier monté de toute pièce visant à le briser et à briser les luttes pour le vivant et l'avenir commun dans le Pays de Retz. Cette répression est invisibilisée du fait qu'elle se situe en campagne.

Le collectif appelle au soutien et à la solidarité envers Hubert et tous les lanceurs d'alerte dans le Pays de Retz qui vivent une situation de plus en plus invivable du fait de leur engagement.

Contact : terrescommunesretz@gmail.com ou collectif Stop Carnet

Lire aussi La Relève et la Peste : un paysan bio de 62 ans violemment arrêté lors d'un pique-nique militant

Le Courrier du Pays de Retz : Projet du Grand port au Carnet, près de Nantes : ce manifestant, arrêté, va porter plainte contre les gendarmes

Expulsion de la Zad du Carnet

La Zad du Carnet a été expulsée le 23mars 2021.

Cette ZAD avait été montée fin août afin de défendre 110ha de zones humides dans l’estuaire de la Loire, abritant de nombreuses espèces protégées, aujourd’hui menacés par la bétonisation pour l’agrandissement du Grand port maritime Nantes-Saint-Nazaire.

Capture 20

 

Capture 19

Source des images de l'expulsion sur ce lien

Ce projet est devenu le symbole de la résistance contre la bétonisation à outrance via les sites industriels clés en main lancés par le gouvernement partout sur le territoire mais l'espoir reste car grâce à cette résistance sur place, le projet a du plomb dans l'aile...

World clean day - 20/09/2020

Dimanche 20 septembre 2020, à l'appel du Collectif Stop Carnet, un ramassage des déchets était organisé, dans le cadre de la journée World Clean Up Day, sur le site du Carnet, en bord de Loire. Le ramassage a eu lieu dans la partie de la zone qui a été saccagée par des bulldozers venus arracher le baccharis, sur plusieurs centaines de mètres : les gros engins n'ont pas fait dans le détail et ont détruit une partie de la roselière et défoncé des berges...

Un groupe de personnes sensibles à l'environnement ont effectué un nettoyage dans les roselières, près des berges où de nombreux déchets plastiques ont été déposés au fil des années par la Loire. Plusieurs sacs poubelles ont pu être remplis !

Ramassage dechets au Carnet

Pour plus d’informations sur les travaux déjà commencés au Carnet que la ZAD du Carnet a réussi à bloquer :
 

- https://stopcarnet.fr/le-projet-du-grand-port/

Au retour j'ai parcouru la zone ensauvagée le long des berges et j'y ai vu des plantes qu'on ne croise plus autant comme la saponaire, l'asperge sauvage ; j'ai entendu un véritable concert de rainettes, j'ai vu voler des libellules de toutes tailles, entendu des oiseaux.... comment imaginer que tout cela serait un jour bétonné pour laisser la place aux industries ? Il y a assez de friches industrielles et d'ici quelques années encore davantage...

Nature sauvage du Carnet - libelluleEn savoir plus :

Le site du Collectif Stop Carnet / Collectif Stop Carnet sur Facebook

Le site de la Zad du Carnet / Zad du Carnet sur Facebook

https://reporterre.net/Face-aux-oppositions-le-projet-industriel-du-Carnet-vacille

https://lareleveetlapeste.fr/la-zad-du-carnet-symbole-dune-lutte-contre-la-betonisation-a-outrance/

 

 

 

Balade nature et ramassage déchets en bord de Loire

Zone saccagée par les bulldozers

Site du Carnet

Répression du militantisme écologique

Le dimanche 20 septembre, à l'appel du collectif Stop Carnet, nous avions été invités à ramasser des déchets en bord de Loire. Je me suis garée sur la bande herbeuse du côté, une centaine de mètres avant la barricade. Quand je me suis garée j'ai remarqué qu'il y avait une voiture de gendarmerie, ils étaient en train de discuter avec quelques personnes de la zad. J'ai pris le temps de changer de chaussure tranquillement sans me douter un instant que le stationnement sur cette bande herbeuse très large était un "délit de stationnement"  sachant qu' il y a très largement de la place et ce n'est aucunement dangereux pour qui que ce soit ! Tout cela dans le but évident de décourager qui que ce soit de venir sur ce lieu !
L'histoire ne s'est pas arrêtée là : j'ai aussi été convoquée à la gendarmerie de mon domicile pour montrer mon permis de conduire suite à une demande de l'officier du ministère, ceci alors que j'ai payé cette contravention, même si je l'ai trouvée injuste, afin de pas être inquiétée...
Pas facile à l'heure actuelle de militer pacifiquement contre la destruction de la nature, les moyens de pression sont relativement efficaces car par la suite on réfléchit à deux fois avant de se rendre sur une zone à défendre, c'est le but recherché.
Le reportage ci-dessus, fait ce dimanche 20 septembre 2020 m'aura coûté 135€ et 3 points de permis...et des tracas.

Site du Carnet - Eté 2020

Panorama du site qui serait impacté

Site du Carnet

Décembre 2019

Un projet de 110 ha de zone industrielle détruisant une zone naturelle remarquable et inondable en bord immédiat de la Loire, vous trouvez cela sensé ?
C'est bien ce que prévoit à partir de 2020 (début des travaux), l'UE, l'Etat, la région et le département dans le cadre de l'extension du Grand Port Maritime Nantes-Saint Nazaire sur la zone remarquable de l'île du Carnet à Frossay, près de Paimboeuf (44) !

Une partie de la zone qui serait impactée
A l'appel du Collectif Terres communes un rassemblement a eu lieu sur le site du Carnet le dimanche 1er décembre 2019. Un site qui a déjà été défendu il y a des années contre un projet d'installation d'une centrale nucléaire (Lancé à partir de 1974, celui-ci rencontra une forte opposition de la part de la population, et finit par être abandonné définitivement en 1997)

Le boulevard des illusions

La route qui avait été construite à cette époque a été rebaptisé par la suite "Le boulevard des Illusions"



A l'heure où les scientifiques nous alertent sur l'urgence de préserver la biodiversité des zones humides, de diminuer notre production industrielle et notre consommation énergétique, de ne plus bétonner les bords de fleuves - une partie du site avait été submergée lors de la tempête Xynthia... or avec la hausse du niveau des océans un accident industriel avec son cortège de pollution est certain - et de cesser d'artificialiser tout court les zones agricoles et naturelles, les autorités misent encore une fois sur les intérêts à court terme au détriment de l'avenir du vivant et des générations futures.

Marche vers la zone compensatoire

Malgré les intérêts énormes en jeu dans ce projet (avec Alstom déjà positionné, filiale de General Electric et Total dans la présidence du port Nantes-Saint Nazaire portant le projet) et la date proche des travaux (fin 2020), il est impossible de laisser passer ce projet qui n'a à ce jour soulevé aucune protestation...
Il représente tout ce que nous devons cesser de faire : bétonner des zones humides remarquables en bord de fleuve soumis aux submersions, de plus pour des activités industrielles qui même si elles se prétendent vertes, nécessiteront des produits polluants et métaux rares (provenant des pays du sud) et dégageront des gaz à effet de serre pour la production.

Rassemblement contre la bétonisation du bord de Loire
La mobilisation du dimanche 1er Décembre 2019 avait pour but de démontrer notre opposition à ce genre de projets complètement insensé qui participe de la destruction de notre futur commun.

Ce premier rassemblement a été l'occasion de découvrir le magnifique site du Carnet, d'expliquer ce en quoi consiste ce projet et de discuter ensemble sur la suite à donner à la mobilisation.

Rassemblement contre la bétonisation du bord de Loire

En savoir plus sur le blog de Terres Communes par ici 

Carte des alentours

* Le port Nantes-Saint Nazaire portant le projet avec les collectivités locales, l'Etat et la région est un des principaux importateurs en France d'hydrocarbures (Raffinerie Total) et le premier importateur de soja d'Amérique du sud (Cargill Saint-Nazaire), un projet industriel agrandissant leur port et leur profit avec en plus une touche de greenwashing, ils ne pouvaient pas rêver mieux...

Lire aussi l'article de La Relève et la Peste "Le Port de Saint-Nazaire veut bétonner 110ha de zones humides sous le label de la « transition énergétique »

Commentaires (4)

Emmanuel Macron
  • 1. Emmanuel Macron | 01/09/2020
Bravo pour votre article.

Il existe de nombreux sites industriels en friche, déjà bétonnés et à l'abandon. Pourquoi détruire toujours plus la nature et d'espèces vivantes protégées ?
"Dis Grand-mère, c'était quoi un oiseau ?"

La gorette Johanna Rolland (Maire de Nantes), le porcinet David Samzun (Maire de Saint-Nazaire) et le pantin Emmanuel Macron, prenez garde ! Le peuple est maintenant écolo et très énervé.
Qu'ils n'oublient aveuglément leurs fiascos retentissants d'aéroport à Notre Dame des Landes et de centrale nucléaire au Carnet.
Bis repetita
Legris Françoise et Yvon
  • 2. Legris Françoise et Yvon | 06/12/2019
Pourrez-vous nous informer sur la date d'un prochain rassemblement. Merci
Cordialement
FL
presquilegazettenet
  • presquilegazettenet | 06/12/2019
Bonjour, Pour vous tenir informé il y a en bas de l'article les liens nécessaires pour cela soit celui vers le blog du Collectif qui lance les appels soit vers sa page facebook.
Septier
  • 3. Septier | 03/12/2019
Nous avons réussi dans le passé à chasser cet absurde projet que fût la construction d 'une centrale nucléaire sur le site du Carnet.J'ai toujours eu de la affection pour cette terre. Ne les laissons pas réaliser leur funestes constructions.

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Date de dernière mise à jour : 09/06/2021