Sous les pêcheurs à pied la plage Benoît et son gisement de coques

Pêche à pied

S'il est un coquillage emblématique de la baie de la Baule c'est bien la coque, ce coquillage blanc, bombé et strié que les enfants affectionnent pour la décoration des châteaux de sable. Nombreux sont les amateurs de pêches à pied qui se retrouvent lors des grandes marées, la griffe à la main, et remplissent leur seau de ces blancs coquillages appréciés des gourmets.

pêche à pied plage Benoît

Encadrée par la plage du Nau, l'Anse de Toulin et l'étier du Pouliguen à l'Ouest et l'Hermitage à l'Est, la plage Benoît représente le tiers occidental de la Baie du Pouliguen sur une longueur de plus de deux kilomètres. A marée basse, la plage se transforme en estran sableux de plus de 250 hectares à découvert. Cet espace est le lieu de prédilection d'un gisement naturel de coques et de palourdes. Cette population se renouvelle d'elle-même, elle est autonome et s'alimente seule. Les effectifs de reproducteurs et les pontes sont donc variables et non maîtrisés par l'homme et dépendent des conditions climatiques (ensoleillement, température de l'eau) qui influent sur le développement des algues planctoniques dont elles se nourissent.

estran plage Benoît

Cette ressource fragile et limitée a subi une exploitation importante atteignant des proportions dangereuses pour le gisement en 2004 avec plus de 500 licenciés en pêche professionnelle sur la plage et des prélèvements tout aussi importants de la part de la pêche de loisir. De 1990 à 2005, chacun venait à sa guise mais devant la menace de la disparition de ce gisement. Il a alors été convenu de la mise en place d'un plan de gestion des stocks des coquillages, le nombre des professionnels a été réduit de moitié.

Le comité local des pêches du Croisic a créé une commission pêche à pied, associant les professionnels, le COREPEM, Cap Atlantique, les Affaires maritimes et l'IFREMER dans le but de décider en commun de l'ouverture de la pêche en fonction des suivis de croissance des coquillages. De la même façon les quotas sont calculés en fonction des évaluations des quantités d'adultes ayant atteint la taille commercialisable.

Source CPIE

Catherine Ponthoreau, de Cap Atlantique expliquait lors d'une sortie CPIE sur la plage Benoît, début avril les enjeux de la préservation de la ressource et les moyens mis en oeuvre pour le suivi.

 "C'est un gisement naturel, qui se gère tout seul contrairement à celui du Croisic où il y a ensemencement, c'est pourquoi il est important de le protéger. Il y a une ponte tous les 15 jours à partir de mars, il faut une eau relativement chaude et peu de vent, les coques peuvent mourir s'il fait trop froid ; il y a des périodes très fastes et d'autres où il n'y a rien, c'est très aléatoire. Les suivis sont réalisés trois fois par an sur les sédiments : comptage, mesure, poids, on fait une cartographie des animaux présents sur 1/16e de m2.Quand il n'y a pas assez de ressources on ferme la zone."

Cela ne suffit pas à empêcher certains de venir quand même...ce jour-là on voyait en effet au loin une ligne assez importante de pêcheurs... alors que la zone était théoriquement fermée depuis la veille !

pêche à pied plage Benoît

"Les contrôles sont difficiles à faire, ils sont effectués par les gardes-jurés mais il en faudrait davantage. 5kg/personne et par jour sont autorisés quand la zone est ouverte, ce n'est pas anodin. Il y a malheureusement des gaspillages, certains pêchent beaucoup plus qu'ils ne consomment ensuite. Il y a même des tours-opérators qui proposent des journées-pêche...C'est pourquoi l'éducation est importante : sur les plages, dans les campings, sur les panneaux... on montre les outils autorisés (griffe et couteau, surtout pas de bêche !), les quantités à respecter, se munir d'un cali-pêche (disponible auprès de Cap Atlantique, du CPIE, dans les offices de tourisme), remettre les pierres en place, respecter les parcs..."

Outils pêchecoques cali-peche.jpg

L'IFREMER effectue des survols en avion pour comptabiliser les pêcheurs à pied, en juillet 2010 par exemple ont été recensé 810 pêcheurs à une période où la zone était fermée !

Outre la préservation de la ressource, les fermetures sont effectuées lors de la prolifération de certaines bactéries (escherichia coli qui disparaît seulement à une cuisson de 110° !), les coquillages étant de très bons filtreurs, c'est pourquoi il faut bien se renseigner avant d'aller gratter le sable. Sur les panneaux des informations sont à la disposition du public ainsi que sur le site de Cap Atlantique.

info plage benoît

Les tempêtes participent aussi à la destruction de la ressource en brassant le sable.

Les professionnels quant à eux respectent bien les quotas, ils ont conscience que de leur sérieux dépend la ressource dont ils vivent et ils sont les premiers à montrer l'exemple pour ce gisement partagé.

"Ils peuvent pêcher 2 h avant et après la marée, 80kg/marée, parfois ils ne peuvent le faire que sur deux jours, ils sont contrôlés par les affaires maritimes et les gardes-jurés, leurs outils sont vérifiés. Tout ceci a été demandé par les professionnels eux-mêmes, c'est de la pêche durable."

Remercions le CPIE Loire-Océane qui organise ces sorties sur le terrain nous permettant de mieux appréhender la réalité de la nature environnante et l'importance de la préservation de ces ressources qui ne sont pas inépuisables.

pêche à pied plage Benoît

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pêche à pied plage Benoît à la Baule

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Date de dernière mise à jour : 08/01/2014