La baie des 5 sens : Pen-Bé

Baie de Pen-Bé

Cette sortie proposée par LOE nous emmenait le long du sentier bordant la baie de Pen-Bé, un espace riche pour la biodiversité entre le milieu marin et le bocage, classé ENS (espace naturel sensible).

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40-tonte-naturelle-moutons-d-ouessant-2.jpg"Auparavant il y avait ici quelques mobil-homes, depuis il n'y en a plus ; des moutons d'ouessant ont été installés pour une gestion naturelle des espaces herbeux, c'est un contrat passé entre l'éleveur et le conseil général."

 

 

 

Un peu plus loin nous arrivons à un endroit interdit d'accès à cause des éboulements :

2-eboulements-sur-cette-partie-du-sentier.jpg"C'est plutôt l'homme qui a gagné de la place sur la mer, celle-ci reprenant naturellement son espace lors des grandes marées... c'est logique, même sans parler des montées d'eau. Sur les milieux dunaires, on replantait de l'oyat au pied des dunes pour fixer le sable mais on préfère maintenant favoriser les choses pour que la nature revienne d'elle-même. Conditionner le passage humain c'est indispensable parce que l'érosion est beaucoup liée à l'évolution touristique ; de là à replanter de l'oyat... c'est comme lorsqu'on replantait toujours du pin... alors que naturellement ce n'est pas forcément du pin qu'on trouve dans ces arrières-dunes mais plutôt du chêne ou autre, aujourd'hui on réfléchit pour replanter des espèces inféodées au milieu. Ce sont les animateurs de Natura 2000 qui sont appelés sur ces espaces-là et décident de leur gestion. Si on continue à planter de l'oyat qui est emporté ensuite par les marées ce n'est pas une solution, alors que si on laisse faire la nature, par exemple en ne ramassant pas la laisse de mer, l'érosion est moins importante et des plantes peuvent revivre. Un ENS interdit des pratiques comme la cueillette, le camping, le vélo - trop de passage entraînant de l'érosion - il est toujours indiqué par un panneau comme celui-ci."

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On aperçoit par une trouée bocagère deux oiseaux occupés à chercher leur nourriture dans la vase, un ibis et une mouette  

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"Dans la vase cela peut être plein de petits escargots, dans les trous d'eau des crevettes, des petits poissons, il y a vraiment de quoi faire ! 

- Il n'y a pas de risques pour que l'ibis se reproduise trop ici sachant qu'il n'a pas de prédateurs ?

- Il y a eu effectivement des périodes de chasse à l'ibis car il détruisait notamment les couvées de guiffettes ou de sternes mais il n'a pas été complètement éradiqué."

 

Nous descendons ensuite sur la vasière où l'on peut voir au milieu de la baie s'écouler le Mès :

"L'homme est présent tout au long de ce fleuve et on doit régulièrement surveiller la qualité de l'eau. Les écoulements venant soit des habitations, soit des entreprises agricoles. La pratique de la pêche à pied et les élevages ostréicoles, conchycoles... présents dans la baie peuvent en pâtir, la qualité de l'eau est donc très importante. On fait régulièrement des prélèvements pour analyser l'eau mais on n'analyse pas tout. On recherche les bactéries, dont Escherichia Coli, présente dans certains rejets, par exemple dans les stations d'épuration ou à cause des maisons mal raccordées, des lessivages au sol des élevages... Quand il y a trop d'analyses à suivre montrant la présence de cette bactérie, le site est fermé à la pêche durant trois ans durant lesquels on doit prendre des mesures pour retrouver la qualité de l'eau. Ce qui est arrivé ici ainsi qu'à la Baule."

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Dans la vase cela grouille de vie :

"Tous ces tortillons ce sont des vers de sable, arenicoles, nourriture de choix pour les oiseaux. On aperçoit au loin les tables des élevages de coquillages : huîtres, moules de bouchot. Il y a des milieux qui sont propices à leur présence, c'est lié à la quantité de sable, de vase, à l'équilibre des deux, aux courants : quand la mer descend, elle ne le fait pas à la même vitesse, il y a des zones qui vont rester sans eau durant plus longtemps, moins propice à l'élevage, d'autres zones resteront juste deux à trois heures sans eau..."

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"Quand la mer remonte, le roulement de ces galets favorise le creusement de la falaise. Là on voit des petits trous en haut des falaises, sur la partie terre il y a des animaux qui y habitent : essentiellement des hirondelles de rivage."

 



On observe ensuite les algues accrochées aux rochers :

12-fucus.jpg"Celui-ci c'est le fucus vésiculeux, appelé comme ça parce qu'il porte des... vésicules. Parfois il n'en a pas et il est dentelé ; ce sont des bulles d'air, qui lui permettent de flotter tandis que d'autres servent à la reproduction : quand on appuie dessus un sorte de gel en sort. C'est souvent cette algue qui sert d'engrais dans les jardins."

13-algues-et-lichen-noir.jpg"Ce que vous voyez là sous ce rocher, de couleur noire, c'est du lichen. Ces petites traces c'est du lichen encroûtant."

 

 

 

 

Sensuit quelques conseils sur les qualités culinaires des algues, plusieurs personnes en ayant déjà récolté pour les consommer. Pour mieux connaître leur nom et toutes les possibilités d'accommodement, les alguistes du Castelli organisent des sorties "algues"

"Les algues en décomposition forment la laisse de mer, d'ailleurs on voit les décomposeurs au travail, les puces de mer - 30 à 40 espèces différentes - dont beaucoup de coléoptères ; cela donne aussi de la nourriture pour les oiseaux ou encore pour les poissons quand la mer remonte. La décomposition de la laisse de mer contient des oligo-éléments qui vont composer le phytoplancton et donner de la nourriture aux coquillages. C'est tout un cycle de vie. A une époque on ramassait toutes les laisses de mer pour plaire aux gens qui se promenaient, notamment sur les plages de baignade. Beaucoup ont réagi et ne font plus le ramassage à partir du moment où il y a un intérêt derrière : un impact sur les oiseaux, les poissons, tout ce qui vit de la mer. Cette décomposition nourrit aussi tout l'arrière-dune. Depuis que la laisse de mer n'est plus ramassée on espère que certaines plantes vont revenir parce qu'on sait que certaines graines peuvent rester des années, attendant le moment propice pour ressortir, on espère donc revoir des espèces de plantes qui avaient disparu de ces milieux dunaires. "

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Plusieurs plantes halophiles (ou halophytes) sont présentes :

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La criste marine, au goût anisé

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La roquette de mer ou cakilier maritime

 

 

 

 

18-pourpier-marin.jpg"Juste après la laisse de mer, les premières plantes qui vont pousser sont souvent les pourpiers de mer, ensuite on a le chiendent qui s'installe, c'est toute une zonation de plantes qui apparaissent, souvent les mêmes, suivant les conditions du milieu."

 

 

 

 

Un peu plus loin on arrive sur une zone d'herbier marin où poussent les zostères et les spartines22-herbiers-marins.jpg32-pied-de-zostere.jpg

"La zostère n'est pas tout à fait une herbe mais pas non plus une algue car elle a des racines. C'est un herbier précieux pour la nourriture de certaines espèces d'oiseaux."

 

 

 

 

L'une des participantes trouve dans la laisse de mer une poche ayant contenu des oeufs de raie, c'est l'occasion pour observer quelques trouvailles :

27-poche-d-oeufs-de-raie.jpg"Il y a une quinzaine d'espèces de raies et le fait de trouver des capsules sur les plages permet à certains scientifiques de faire des études, de suivre leurs déplacements... Suivant la forme de la capsule on sait à quelle raie elle a appartenu."

 29-pousse-pied.jpgLe pousse-pied intrigue toujours : sur nos côtes il y en a mais ils sont petits, ça aime les milieux battus et c'est difficile à pêcher et ensuite d'extraire ce qui se mange, à savoir le pied. Il vaut mieux ne pas les pêcher, c'est protégé par période."

31-gorgone.jpg"La gorgone, c'est le squelette d'un animal, un peu blanchâtre quand il est mort, orange quand il est vivant, avec des petites tentacules, il se nourrit de plancton."

Oursins, donasses, tellines, patelles, palourdes, coques... beaucoup d'autres merveilles se découvrent dans la laisse de mer.

 

 

Nous terminons ce tour d'horizon du traict de Pen-bé en reprenant le sentier qui le borde, l'occasion d'observer quelques arbustes qui composent la haie bocagère : ronces, prunelliers, églantiers, lierre... tous présentant un intérêt certain pour les oiseaux, abri et réserve de nourriture.

Le milieu bocager tout comme le  milieu marin est riche de diversité et les espaces naturels sensibles qui les préservent des nuisances de la présence humaine oeuvrent pour l'avenir de la planète, sachons les respecter.

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Date de dernière mise à jour : 22/07/2018