Notre rapport aux écrans : êtes-vous addict ?

Questionner notre rapport aux écrans

Les écrans ont envahi notre vie quotidienne : ordinateurs, tablettes, smartphones, consoles de jeux.... la semaine sans écrans proposée par les Pieds dans le Paf, du 13 au 20 octobre, nous invitait à nous interroger sur notre propre rapport aux écrans, ceux dont on se sert au quotidien pour travailler, se divertir, chercher une info, communiquer avec la famille, les ami-e-s proches ou lointains, acheter, préparer un voyage.... "une semaine pour comprendre, découvrir, se sevrer, réfléchir, applaudir, écouter et voir, frissonner, discuter autour des écrans et de notre société."

En rentrant de la projection-débat sur le thème "Mes datas ça me regarde"  (la surveillance de masse et son acceptation par la population), je me suis interrogée sur mon propre rapport aux écrans : j'ai une télévision que j'utilise seulement les soirées où je suis chez moi, en sélectionnant un programme qui me plaît ou un replay, j'utilise l'ordinateur en limitant ma présence devant l'écran à deux-trois heures par jour, je n'ai pas de smartphone pour me protéger de l'addiction et des sollicitations de toutes sortes, je préfère lire un livre papier qu'acheter un e-book, j'achète très rarement sur internet car je préfère avoir un contact/conseil direct et voir le produit, le toucher, l'essayer etc... et je déplore qu'on soit de plus en plus obligé-e-s de faire nos démarches en ligne (dans le but de licencier de plus en plus de personnes).

J'ai posé ensuite la question "Etes-vous addict ?" à quelques autres personnes présentes lors de la clôture/bilan de cette semaine sans écrans, le samedi 20 octobre aux Abeilles44. Les deux cobayes ayant accepté le sevrage numérique de cette semaine sans écrans, ont témoigné.

 

Semaine sans ecrans bilan 2

 

 

 

Nicolas

"Je suis clairement addict, j'utilise Facebook, You Tube, je cherche de l'information, je lis la presse sur mon pc, je joue à la playstation. Je n'ai pas spécialement besoin de rencontrer du monde, je suis un solitaire. J'arrive à m'en passer si je suis à l'extérieur mais pas si je suis chez moi. ça me permet aussi de garder le contact avec des gens qui sont loin, (Australie, Suède en ce moment par exemple).

Je me rends compte que je suis addict mais ça ne me gêne pas plus que ça..."

Semaine sans ecrans bilan 4

Vianney

Je pense que mon rapport aux écrans est un peu trop important : je suis très souvent sur le pc quand je suis chez moi et je surfe pendant un bon moment car je me dis "cet article, cette vidéo m'intéresse, il faut que je regarde, que je réponde aux mails... Les mails, sms, c'est le côté pratique pour envoyer une info à plein de monde en même temps.

Quand je pars en vacances je l'utilise peu et je m'en passe très bien. Je trouve aussi que c'est agréable d'écrire sur le papier et de faire autre chose que de rester devant l'écran."

Anne

J'ai un pc portable mais je ne sens pas du tout addict, j'ouvre peu ma boîte mail, je dis aux gens "envoie-moi un texto plutôt qu'un mail", je n'aime pas donner mon adresse mail. Je coupe la wifi quand je ne me sers pas d'internet, je ne suis pas sur les réseaux sociaux, ça me fait peur, par exemple je n'ai pas envie d'être sur une photo qui va être publiée sur facebook. Je me sers d'internet pour le travail, pour préparer un voyage... je vais un peu sur you tube.

Je ne diabolise pas internet, je suis prudente avec son utilisation."

Lucas

Lucas, de part son travail, a souvent l'occasion de voyager et il explique comment son rapport aux écrans est lié à l'environnement dans lequel il se trouve :

"J'ai trouvé ça bien, quand je vivais dans une colloc où tout le monde regardait la télé, de pouvoir partager ensuite sur les programmes. Il y a un an je vivais dans une collocation sans télévision, dans un rapport aux écrans très contrôlé, cependant j'allumais le pc quand j'en avais envie. Ces quatre derniers mois j'ai une télé, je l'ai regardée car ça m'avait manqué mais là j'en ai fait le tour, je n'y trouve pas ce que j'y recherche. Je vais sur les écrans pour chercher de l'info et du divertissement, pour ça je consomme, de plus en plus sur le téléphone.

Mon addiction est en fonction de l'environnement dans lequel je suis. "

Nathalie

Nathalie est l'une des deux cobayes ayant accepté le sevrage numérique durant cette semaine sans écrans, elle témoigne :

"Au début je me suis dit "ça va être dur" et en fait ça a été très positif. J'ai pu me coucher tôt le soir (c'est mon rythme naturel de sommeil), j'étais donc en forme, pas stressée. J'ai écouté de la musique sur mes CD, j'ai lu... c'était comme une semaine de vacances. Il y a eu juste un problème au moment de prendre mon billet à Nantes car j'ai vu qu'il n'y avait plus d'accueil pour prendre des billets, juste des bornes et quand j'ai voulu chercher la recette du rougaï aux saucisses (La Réunion), je ne l'ai trouvée dans aucun livre même à la médiathèque. J'ai reculé les démarches administratives que je devais faire pour mon activité et la préparation d'un voyage.

Je vais essayer de continuer, de ne pas allumer mon pc après 20h et pour le reste je vais reprendre petit à petit. il faut 21 jours pour se défaire d'une habitude."

Isabelle

"Le premier jour j'ai ressenti un manque, une frustration lorsque je me suis rendue compte que je ne pouvais regarder une série tv que j'aime bien. La tablette qui accompagne nos repas a été mise au placard, je ne l'ai pas prise non plus, comme à l'habitude, quand j'ai donné le biberon à ma fille et nous avons fait une partie d'Abalone pendant l'apéro. On a quand même réussi à se donner rendez-vous dans un lieu public sans utiliser le portable. J'ai dû juste allumer mon pc pour travailler car j'étais en formation mais rien d'autre.

Une semaine sans écrans ce n'est pas facile pour moi mais j'ai fait plus de choses. On a décidé ensuite de ne plus inviter la tablette aux repas, ni dans la chambre."

Ma vision des choses

La majorité des personnes présentes étaient de la génération 25-35, tous sont équipés d'un smartphone, d'un pc, parfois d'une tablette et en voient davantage le côté pratique, pour les générations au-dessus comme la mienne, ayant eu l'habitude de faire sans, c'est plus simple de s'en passer et on regrette certains "progrès" : la disparition progressive des guichets (ptt, banques, gares, administrations etc)... et des emplois qui les accompagnaient, le magasin de proximité et ses services (je n'aime pas acheter sur internet, je préfère le conseil d'un vendeur, toucher le produit, l'essayer...) et plus dans les ressentis : les passants penchés sur leur smartphone partout dans les rues, les salles d'attente etc... qui donnent l'impression de vivre dans un monde de schizophrènes. (cf le film Her où chacun se parle à lui-même en croisant les autres sans les voir dans les rues).

Les nouvelles technologies, oui, mais avec le recul nécessaire et de temps en temps prendre le temps d'observer, de s'observer, de réfléchir aux bons et mauvais côtés.

La semaine sans écrans des Pieds dans le Paf

Demarches administratives

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Date de dernière mise à jour : 22/11/2018