Ma décroissance ludique et écolonomique

On associe, souvent à tort, le terme « décroissance » à une forme de punition : vivre avec moins, dans un moindre confort, se priver de ceci de cela... alors que bien au contraire on peut trouver dans ce choix de décroître une véritable joie de vivre au quotidien en se simplifiant la vie, en arrêtant de consommer à tout va pour un plaisir fugace et un brin coupable, en se tournant davantage vers la nature et ce qu'elle nous offre, en partageant avec les autres nos découvertes, nos surplus, nos idées mmm «moins mais mieux », en transformant nos loisirs polluants et onéreux en balades et sports gratuits, etc...

Pour certain.e.s la période éprouvante du confinement a eu ce côté positif (shopping remplacé par l'heure de balade-sport quotidienne) avec l'envie que ça continue ensuite. Pour d'autres, dont je fais partie, c'était déjà enclenché avant et ça a renforcé l'idée qu'on était sur la bonne voie... Faire ces petits gestes au quotidien aident aussi les éco-anxieux.ses, dont je fais partie, à adoucir le sentiment d'impuissance ressenti par rapport au système actuel.

Petite liste non exhaustive de la simplicité volontaire :

- J'ai remplacé la plupart des produits de la salle d'eau (cosmétiques et toilette), je fabrique de l'eau de rose, une crème/huile hydratante, un dentifrice à l'argile, j'utilise du savon (à l'huile d'olive) à la place du gel douche et des lingettes découpées dans une serviette de toilette...

Huile aux paquerettes

- J'ai remplacé les produits ménagers par le minimum : vinaigre d'alcool, bicarbonate de soude, savon noir, pierre d'argile, je fabrique ma lessive au lierre (et ça marche!)...

- Je suis dans une démarche ZD : je refuse les emballages, j'achète en vrac, j'emporte mes bocaux au marché.... ce qui fait que je sors la poubelle seulement une fois par mois (et encore pour éviter les odeurs....mais il n'y a pas grand chose à l'intérieur)

Bocaux cuisine

- Je m'habille d'occasion (Emmaüs, Secours pop et de plus en plus au hasard des zones de gratuité....)

- J'ai désencombré ma maison, il m'a fallu 2/3 mois pour le faire, tranquillement et depuis je fais attention à ne pas me réencombrer (un objet rentrant - un objet sortant)

- Pour les petites courses indispensables je privilégie les petits commerces, les marchés de plein-air, les ventes directes chez le producteur.... je ne mets plus les pieds en grande surface (depuis que mes enfants sont partis)

- Dès que possible je troque, je récupère, je fais de « l' écolonomie »

- Je fais de plus en plus moi-même (DIY) (avec un point faible pour le bricolage ;)

- Je fréquente les repair-cafés

- J'aime les balades dans la nature, à pied, à vélo... et j'en profite souvent pour glaner des plantes/fruits/champignons sauvages...

A bicyclette

- Je privilégie le jardin-comestible (potager, fruitiers) dans mon petit jardin de ville, plutôt que la pelouse-plantes vertes majoritaire dans les lotissements urbains. Je participe aux troc-plantes et/ou le fais directement avec d'autres jardinier.ère.s, ce qui fait que je n'achète quasiment plus de plants, d'autant que certains sont devenus autonomes (blettes, arroches, mâche, roquette, fruitiers à partir de noyaux...).

Tomates 2020 1

- Je laisse plus souvent qu'avant la voiture au repos, je réfléchis avant de la prendre (pourrais-je y aller à pied, à vélo?)

- Je choisis des lieux de rencontres (café associatif, associations...) où je sais que je vais y retrouver des personnes qui partagent les mêmes valeurs, pour échanger sur nos idées, nos pratiques, se ressourcer...

Tout cela m'a été inspiré par les idées trouvées dans des bouquins sur la décroissance et/ou sur les groupes ZD Facebook.

Guide de survie joyeuse

Ce choix de vie, loin d'être extrémiste, me convient tout à fait, je n'ai aucunement l'impression de me priver, au contraire, je découvre de nouvelles petites joies et une certaine fierté à biaiser le système économique actuel qui continue de vouloir faire croire à une croissance indéfinie alors que tous les voyants sont au rouge.

Il n'est pas question cependant de « revenir à la bougie » comme on l'entend dans les critiques de celles et ceux qui sur-consomment en se moquant des « écolos-bobos-babos-barjos» qu'ils méconnaissent et qui leur font un peu peur (?), la décroissance peut (et doit) être joyeuse, inventive, créative, partageuse, pour donner envie et aller de l'avant !

Lire aussi "Pas à pas vers moins de déchets"

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Date de dernière mise à jour : 17/08/2020