Des soignant.e.s résistent au pass sanitaire

Lettre aux soignant.e.s

À mes ancien-ne-s collègues, aux professionnels qui se disent encore professionnels de santé, et particulièrement à celles et ceux qui travaillent dans le service public, peu importe le poste que vous occupez.

Pendant une quinzaine d'années, j'ai eu à cœur de faire de mon mieux pour soigner mes patients sans distinction.

J'ai toujours travaillé dans le service public car j'avais ce doux rêve qu'on pouvait y soigner les gens sans jugement, peu importe leur parcours, peu importe leur niveau de vie, peu importe leur rang !

Je n'ai jamais été parfaite, je ne prétends pas avoir été irréprochable, mais je pense pouvoir dire que j'ai fait de mon mieux.

Alors aujourd'hui, je ne comprends pas ce qui se passe dans la santé !

Sachez collègues d'ici ou d'ailleurs que je vous aurais toujours soigné de mon mieux malgré nos différences.

Toi qui fumes depuis des années : je t'aurais soigné avec bienveillance le jour où ton cancer des poumons aurait flambé !

Je t'aurais soutenue toi et ta famille, même si je trouve que c'est du gâchis de faire partir sa vie en fumée... Particulièrement quand on a des enfants, qu'on est soignants et qu'on connaît les risques.

Mais je t'aurais soigné comme je l'ai fait avec des centaines de patients dans cette situation, car à mes yeux l'humain passe avant tout !

Toi qui bois souvent de trop : je veux que tu saches que j'aurais pris soin de toi le jour où tu aurais eu des problèmes de foie !

On le dit pourtant haut et fort que l'alcool tue, mais peu importe, on a tous nos faiblesses et j'aurais accepté les tiennes.

J'aurais aidé tes proches à ne pas t'en vouloir, à t'accompagner malgré la colère.

Toi qui es en surpoids depuis des années, tu sais bien ce que tu risques (maladies cardio-vasculaires, problèmes musculo-squelettiques...), pourtant, je peux t'assurer que je t'aurais accueilli comme n'importe quel autre patient. J'aurais fait de mon mieux pour t'aider dans ta guérison. Je ne t'aurais pas blâmé.

Toi qui cours après le travail, les heures en plus pour des sous en plus.

Oui, toi qui ne t'arrête jamais et n'écoute pas les cris d'alerte de ton corps ni de ton âme : je voulais te dire que j'aurais accueilli ton mal-être sans me moquer le jour où tu aurais fini en burnout !

Je t'aurais ouvert ma porte, fait un thé, des gâteaux ou tout autre marque de bienveillance, car c'est ainsi que je conçoit le "prendre soin".

Je l'ai déjà fait pour certains et je le ferai encore si besoin car on a tous nos limites et tout le monde n'arrive pas à les entendre à temps !

Alors voilà : à vous les soignants et particulièrement à ceux du public, je voulais vous dire que je ne comprends pas pourquoi aujourd'hui j'entends des témoignages de refus de soin pour la simple raison que ces gens ne partagent pas vos convictions !

J'ai eu du mal à y croire, mais ces témoignages se multiplient et j'en suis meurtrie !

Comment peut-on forcer le sevrage en alcool d'une personne qui ne demande qu'à boire, dans le but de la soigner et par ailleurs refuser les soins pour un cancer à une personne parce qu'il lui manque une injection ?

Comment peut-on être si sourd à la détresse des gens qui ont peur de se faire injecter un traitement si controversé ?

Que s'est-il passé pour que d'un coup, vous trouviez normal de faire le tri dans vos patients ?

Que s'est-il passé pour que l'être humain ne soit plus considéré comme tel dès qu'il ne partage pas vos convictions ?

Que s'est-il passé pour que vous vous amusiez de la mort (probable ou réelle) de certains parce qu'ils n'ont pas pris le même chemin que vous ?

Mais où est passé votre humanité ?

Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter bien du courage pour continuer à travailler dans un milieu à ce point déshumanisé.

Je vous souhaite bien du courage si un jour vous vous retrouviez de l'autre côté du lit et que c'était vos convictions qui divergeaient.

Je vous souhaite bien du courage pour le jour où certains finiront par entamer des procès.

Je vous souhaite bien du courage pour répondre aux questions de vos enfants dans quelques années.

Je vous souhaite bien du courage pour vous expliquer avec votre conscience... si elle n'a pas déjà pris ses jambes à son cou !

Aurore, une ancienne collègue qui continue malgré tout à vous souhaiter du bien.

Marché solidaire

Pour ne pas avoir voulu se faire injecter un produit expérimental, des soignant.e.s sont suspendu.e.s depuis le 15 septembre, peut-on imaginer leur vie sans salaire (ni allocations.... )depuis ce temps-là ? Mais heureusement la solidarité existe et se révèle dans ces moments-là justement.

"Tous les dimanche, soignant.e.s suspendu.e.s et bénévoles se rendent au marché de St Nazaire et reçoivent les dons des producteurs, maraîchers et commerçants. Ensuite, dans la salle de l'association "Chemin des étoiles", il.elle.s préparent avec beaucoup de cœur les paniers réservés la veille par les soignants sans salaires. L'esprit est convivial, joyeux on n'imaginerait pas dans quelles difficultés sont plongées ces familles tant la dignité de chacun est préservée."

MARCHÉ SOLIDAIRE

Lettre lue devant la Cité sanitaire et déposée à l'hôpital

Cher Hôpital Public,

Nous sommes, ou peut-être devrions nous dire nous étions, soignants, personnels administratifs, agents de sécurité, agents d’entretien, depuis de longues années pour certains, plus récemment pour d’autres. Tous et toutes attachés(ées) à tes valeurs, l’accueil et le soin inconditionnel à tous les patients, le respect des choix de chacun, l’absence de jugement, la même attention donnée à tous, avec la même patience, le même dévouement, malgré la fatigue, les relations difficiles parfois, mais peu nous importait. Il suffisait d’un sourire, d’un regard ou d’une main qui remercie et nous savions pourquoi nous faisions ce métier.

Nous l’avons tous choisi pour des raisons différentes, mais tous d’accord sur un point, on ne devient pas soignant par hasard.. Nous avons vu les conditions de travail se dégrader, les moyens humains et matériels se réduire et nous avons continué à faire le mieux possible, en prenant sur nous, en ne montrant pas notre découragement. Nous avons parfois osé dire ce qui n’allait pas, alerter sur les difficultés à prendre en charge les patients comme nous pensions devoir le faire, avec humanité et respect, malgré le manque de temps... on ne nous a pas souvent écouté, renvoyés à notre «mauvaise organisation»

Cher Hôpital Public, il a fallu que tu deviennes rentable, efficace, standardisé, protocolisé, au détriment de l’humain. Nous avons résisté comme nous avons pu, avec nos cœurs, nos forces et notre désir de soigner chevillé au corps. Et la crise sanitaire est arrivée....alors nous avons rassemblé nos forces et nous y sommes allés, avec la peur au ventre, sans protections, en ne comptant pas nos heures. Combien d’entre nous ont mis entre parenthèses leur vie sociale, familiale, amicale, pour ne pas risquer de contaminer nos proches et les patients? Ah oui, on nous a applaudi, on n’en demandait pas tant, on faisait juste notre métier, mais ça faisait du bien quand même...Tout d’un coup, c’était le virus qui était responsable de la saturation des hôpitaux, oubliés les lits fermés au fil des années, les équipes réduites, l’ambulatoire développé au détriment de l’hospitalisation conventionnelle, tu as du avoir bien peur de ce virus qui menaçait de te submerger! Mais tes troupes ont tenu, au prix d’une immense fatigue et de conséquences sur leur vie qu’elles n’auraient pas imaginées.

Les vagues, les confinement sont passés et le 12 Juillet, la sentence est tombée : obligation vaccinale pour nous, les soignants et personnels des hôpitaux publics, privés, de tous les lieux de soin. En cas de refus, suspension et suppression du salaire. Nous, ceux qui refusions, devenions des égoïstes, responsables de la 4e vague, des criminels, rien que ça ! Toutes les directions ont sûrement cru que nous allions tous obéir, sagement, parce que qui peut se voir privé de son travail et de son salaire ? Et nous avons dit NON ! Combien sommes nous? Les chiffres officiels ne tiennent pas compte de tous ceux qui ont démissionné, ecoeurés par ce système inhumain, ceux qui ont pris des disponibilités pour aller chercher un autre travail pour vivre. Et n’oublions pas ceux qui sont allés se faire injecter en pleurant et avec la peur de ce produit expérimental... Alors, le 15 septembre, nous avons été suspendus, privés du droit d’exercer notre métier, privés de nos salaires, jetés sans aucune considération, allez, du balai les rebelles ! Depuis, nos vies sont faites de moments d’angoisse, de peur face à l’inconnu, de nuits sans sommeil etc.. Mais aussi de rencontres, de soutien, de preuves de solidarité et c’est ce qui nous aide à tenir...

Cher Hôpital Public, nous sommes bien tristes pour toi, mais nous savons que même si nous pouvons un jour de nouveau exercer nos métiers, ce sera ailleurs, autrement, avec nos valeurs,celles que tu as perdues, qui ont été détruites par des gens qui ne savent pas ce que c’est que prendre soin de l’autre. Nous, nous avons nos mains, nos cœurs pour le faire encore, pour toi, c’est peut-être trop tard. Tu peux essayer de plaider ta cause et demander qu’on te sauve aux dirigeants qui te regardent sombrer, nous te souhaitons d’être entendu.

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Manifestation du 30 octobre devant la Cité Sanitaire

Rassemblement devant la Cité sanitaire de St Nazaire

Superbe manifestation ce samedi devant la Cité Sanitaire ! Une fois de plus Saint Nazaire se démarque par l'originalité de ses actions et l'ambiance chaleureuse !

Le Collectif santé de St Nazaire avait lancé un appel à manifester devant la Cité Sanitaire le 30 Octobre 2021 pour l'abandon du passe sanitaire, de l’obligation vaccinale Covid-19, l'accès aux soins pour tous et sans condition, le libre choix thérapeutique et le respect de la liberté de chacun. Une pièce de théâtre, des témoignages, un lâcher de ballons et des actions spectaculaires comme le "cimetière des évincés" et le défilé des "masques blancs" (collectif nantais) le long de la route ont marqué les esprits et ont permis une très bonne visibilité, beaucoup d'automobilistes manifestaient leur solidarité.

Divers collectifs de soignants, Nantes, Vendée, Réinfo covid 44, et les Masques Blancs avaient été invités par le Collectif Santé Saint-Nazaire.

Beaucoup d'émotion, de joie partagée, tous ensemble, uni.e.s. Restons-le, réapprenons à vivre différemment, pour faire un pied de nez à ceux qui veulent que nos vies soient ternes et sans intérêt.

Voir les belles photos en noir et blanc de Stéphane Guibert par ici

Prise de parole d'Aurore, appel pour le samedi 30 octobre

Aujourd'hui me viennent quelques questions :  

- Est-ce que la société telle qu'elle est vous convient encore ?  

- Êtes vous sereins quand on parle de votre avenir ? De celui de vos enfants ?  

Moi cette société, je n'en veux plus, en tout cas pas comme ça.  

L'avenir dicté par les tout puissants, je n'en veux pas, et je ne veux surtout pas laisser un monde comme ça aux générations qui arrivent. 

Je me demande alors ce que je suis prête à laisser tomber et ce que je suis prête à faire pour construire un avenir meilleur ?  

On se bat ensemble depuis des mois CONTRE quelque chose qui ne nous convient pas, mais si on se battait plutôt POUR quelque chose qui nous ferait vibrer ensemble ?  

Et si ce monde qu'on a tant promis à nos gosses, on leur construisait vraiment ?  

Et si on y croyait un peu et qu'on osait s'y mettre concrètement ?  

Évidemment, pour construire ses rêves, il faut avoir le courage d'abandonner ce qu'on ne veut plus. Il faut avoir le courage de sortir de notre zone de confort ! 

Avez-vous ce courage ?  

Êtes vous prêts à quitter votre samedi soir TV tranquille sur le canapé pour apprendre à refaire du lien, du vrai ?  

Êtes-vous prêts à oser vivre ensemble pour de vrai ? On a tellement marché ensemble des samedis durant, passons à l'étape supérieure.

Ce monde, il est à qui ? Il est au peuple, pas aux puissants qui le vendent au plus offrant, mais bien au peuple qui se lève chaque jour pour le faire avancer !  

Notre avenir, il est à qui ? Aux labos, aux institutions, aux gouvernements, aux ultra riches qui décident de tout à notre place et s'engraissent sur notre dos ? Je ne crois pas. Notre avenir, il est à nous si seulement nous avons le cran de le gagner.  

D'ailleurs on parle souvent de gagner sa vie. Pour moi, gagner ma vie n'est pas synonyme de gagner de l'argent... et encore moins en ce moment...  

Gagner ma vie c'est réussir à être qui je veux vraiment ; gagner ma vie, c'est réussir à partager de beaux moments avec les gens que j'aime, les voir heureux ; gagner ma vie, c'est réussir à être en accord avec moi-même.  

À nous de construire le monde de demain.  

Je crois qu'il est temps de montrer ce qu'on veut vraiment plutôt que d'accepter encore et encore que QU'ILS veulent pour nous !  

Nous sommes tous d'horizons différents. Certains ont compris depuis bien longtemps qu'il faut se battre autrement que derrière des écrans, d'autres l'ont compris il y a peu, mais nous sommes tous d'accord sur un point : ÇA SUFFIT !  

Peu importe d'où nous venons, l'important, c'est où nous allons.

Peu importe les divergences, sachons nous entendre sur le fond.  

Soyons l'exemple pour les générations futures qu'il est possible de s'unir !  

Et si nous décidions d'être heureux, ne serait-ce que pour montrer l'exemple ?  

Depuis 3 mois, on marche chaque samedi à côté de gens dont on ne sait rien. On se sourit de loin, au mieux, on échange quelques mots...  

Samedi prochain, nous vous proposons de sortir du cadre : nous sommes plusieurs collectif, associations, mouvements à avoir osé proposer ensemble de changer les choses. Dans un premier temps, apprenons à nous connaître, re-apprenons la convivialité. On ne vous propose pas une simple manif, on ne vous propose pas une petite balade, mais d'apprendre à se re-découvrir pour être plus forts ensemble !  

Êtes-vous prêts ?  

Est-ce que le gouvernement peut nous arrêter ?  

Est-ce que la météo peut nous arrêter ?  

Alors rendez-vous samedi 30 octobre à 14h devant l'hôpital de Saint-Nazaire pour nous retrouver durant tout le week-end !

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Collectif des Hospitaliers (&co) de Saint-Nazaire contre le pass sanitaire

Un collectif s'est mis en place pour trouver des solutions, se défendre, soutenir le personnel soignant :

"Parmi les 3 valeurs de la France (Liberté, Égalité, Fraternité), il ne nous reste que la Fraternité, faisons la fleurir !

Nous avons pour objectif de partager, échanger, se sentir moins seul face à cette décision du gouvernement d'imposer un Pass Sanitaire.

Beaucoup de professionnels viennent nous voir en pleurs face aux pressions et menaces, on ne peut pas les laisser seuls !

Il n'y a dans ce groupe aucune revendication politique, syndicale : juste un rassemblement de personnes désemparées et prises au piège par des mesures radicales !

Nous cherchons des solutions pour que chacun se sente respecté en tant que personne mais aussi en tant que professionnel.

Il y a ici des gens vaccinés ou non (peu importe) mais tous sommes choqués par les mesures qui nous sont imposées."

Page facebook du Collectif

 

Date de dernière mise à jour : 04/01/2022

Commentaires

  • Bruno Sildou
    • 1. Bruno Sildou Le 05/11/2021
    Bravo et ne désespérez pas !! vous gagnerez ....
  • LAMOTA Maria Clara
    • 2. LAMOTA Maria Clara Le 02/11/2021
    Votre lettre est magnifique d'humanité, de réalité et d'espoir. Vivre n'est pas uniquement amasser de l'argent c'est satisfaire les besoins primaires et trouver le bonheur avec un métier qui nous correspond et avoir la liberté de circuler et de pouvoir faire ses propres choix ! Courage nous allons y arriver !