Le pass sanitaire et ses questionnements

Témoignage de Pierre, paludier

Toutes les crises servent aux opportunistes.

Je viens du monde paysan et non celui des exploitants agricoles ou des chefs d’exploitation, je ne me reconnais pas dans ces définitions ! Je pense que le monde paysan que je connais considère la terre, considère les femmes et les hommes qui la travaillent, considère le vivant comme compagnon de route. Bien sûr ce monde n’est pas parfait, mais il donne une échelle qui permet de garder la notion de sens, car aujourd’hui on en a besoin.

Le vivant nous a vu naître, celui qui nous entoure et qui nous accompagne depuis la nuit des temps, ils sont multiples ces commensaux, ces micros organismes plus nombreux que nous, si complexes à comprendre. Comment des gens peuvent imaginer une guerre totale contre ces biotopes ? Il ya vraiment que des investisseurs pour croire à une telle ineptie, pourtant ça marche !

C’est notre environnement qui nous donne les signes du déséquilibre, à nous de les voir et de les anticiper. Savons-nous seulement les reconnaître ?

Comment une société que l’on souhaite mettre hors-sol, une société du sans contact, du distanciel, de la dématérialisation peut-elle avoir une telle sensibilité ?

Il s’agit bien là d’une question d’équilibre, une osmose rompue, une folie meurtrière qui pousse à produire toujours plus à n’importe quel prix. « Le quoi qui l’en coûte ! »

Quitte à voir des plages couvertes d’algues vertes dues à la trop forte concentration de nitrates, des abeilles qui meurent par millions grâce à la beauté de la chimie des néonicotinoïdes, du chlordécone qui a souillé des terres et des nappes phréatiques des Antilles pendant des années et rendu des populations malades, des sols appauvris sur plusieurs centimètres qu’on est en train d’étreindre, de la disparition de près de 30% des oiseaux communs, des crises sanitaires à répétition comme la grippe aviaire, qui oblige la claustration des élevages, des agriculteurs qui se pendent dans leur grange ensevelis sous les dettes !

Je ne fais pas là le procès des agriculteurs, même si ils ont leur part de responsabilité, je souhaite que l’on parle des industriels, des banques, des groupes d’investissement, des lobbies, des politiques qui sont derrière tout ce saccage.

En 1982, alors que mes parents étaient éleveurs de moutons depuis des années et moi gosse de 1an dans les bras de ma mère, des huissiers sont venus dans notre cour, non pas parce que les techniques utilisées étaient mauvaises et que les rendements étaient insuffisants, mais parce que des décisions politiques ont sacrifié des hommes et des femmes, sur l’hôtel du marché commun.

Mais tu mélanges tout Pierre, ça n’a rien à voir avec la crise que nous sommes en train de rencontrer ?

Je pense que si au contraire, car ce que nous sommes en train de vivre n’est que la suite de l’histoire. Le résultat de décennie de dérégularisation des marchés, de consommation à outrance, de consumérisme, de mondialisation.

Je cite Richard Horton rédacteur en chef de l’une des plus prestigieuses revues internationales de médecine, qui s’exprime à travers le livre de Barbarra Stiegler, « de la démocratie en pandémie » 

Si nous ne changeons pas de modèle économique, social et politique, si nous continuons à traiter le virus comme un évènement biologique dont il faudrait se borner à « bloquer la circulation » les accidents sanitaires ne vont pas cesser de se multiplier.

Mais alors quoi le problème est plus large que nous le pensions, il ne se résoud pas au sarscov2 ? Pourtant nous avons la science, l’industrie avec nous et des hommes politiques qui nous veulent du bien ?

Au début de la situation COVID, j’ai découvert un mot, celui de la comorbidité. On m’explique que le virus ne tue pas directement, il crée une tempête immunitaire chez les personnes fragiles atteintes de « comorbidité »et entraine de ce fait la dégradation de leur état de santé.

Sous ce terme fort sympathique  nous pouvons retrouver : l’hypertension, l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires et respiratoires et le cancer.

Il y a une histoire que j’aime bien raconter, celle qui lie santé publique, industrie, environnement et agriculture, c’est celle de la betterave à sucre !

Rassurez-vous je ne vais pas commencer mon histoire en disant : c’est l’histoire d’une betterave qui dit à l’autre, dis-donc je te sens un peu cuite aujourd’hui ! Mais plutôt, c’est l’histoire d’une industrie, qui produit une drogue dure : le sucre !

Mais il suffit de pas en abuser, c’est tout.

Oui c’est vrai, sauf que dans l’histoire ils ne te disent pas que l’on retrouve du sucre partout et que l’obésité en France et dans le monde est en forte croissance et qu’elle est un fléau pour la santé. Le sucre c’est simple, c’est un mort par seconde dans le monde, quand tu sais qu’il y a 31 536 000 secondes dans une année, ça représente du monde quand même. Moi on me dit, mais tu ne peux pas comparer, le virus se transmet lui, pas l’obésité ! Alors j’invite toutes les personnes qui me rétorquent cela, à aller voir les courbes sur l’obésité depuis une vingtaine d’années.

Et la où l’histoire peu devenir cocasse, c’est que pour produire de la bonne betterave sans jaunisse, et bien notre gouvernement à trouvé la solution, qui est de réintroduire les néonicotinoïde, interdit en 2018, car pas bon pour les abeilles et les insectes en général. Et là tu te dis les choses vont dans le bon sens.

Des exemples comme cela, il y en a tous les échelons de nos sociétés. Un management prédomine : faire du chiffre, produire de la croissance, etc

Aujourd’hui si je souhaite résister c’est contre tout ça, c’est contre l’absurde, qui arrive par une agile communication, à faire que l’on trouve toujours un bon coupable en bas de l’échelle, mais jamais à parler de la cause évidente qui crève les yeux : une politique néo-liberaliste, qui crée de l’inégalité, qui malmène l’humain et l’environnement depuis bien trop longtemps. Mais pour ça il faut regarder vers le haut, s’unir et arrêter de débattre de choses parfois futiles, où comment sur une phrase d’un seul homme, dit président, nous allons passer une semaine à discuter, pour ne parler ni des problèmes de fond ni des solutions nous pourrions trouver.

Bref je souhaite que les luttes sociales face corps et qu’il y ait un sursaut d’orgueil du peuple Français, comme ce qui à été porté par les gilets jaune pendant des mois et encore aujourd’hui.

1er de l an contre le pass 2

 

Samedi 1er janvier 2022 à St Nazaire les manifestant.e.s contre le pass sanitaire s'étaient donné rendez-vous sur la Place du Commando pour partager un moment festif et politique. Des chants, de la musique mais aussi des prises de paroles ont eu lieu dans la bonne humeur sur cette place très fréquentée par les promeneurs.

1er de l'an contre le pass sanitaire

Communiqué du Collectif Liberté des enfants du 44

Nous sommes un collectif de personnes (le collectif Liberté des Enfants du 44), rassemblées pour s'interroger et veiller à ce que les droits des enfants soient respectés, dans le cadre de la gérance de la crise sanitaire. Notamment des protocoles mis en place dans les écoles.

Le port du masque est de retour à l'école et nous déplorons cette décision. Voilà un an presque jour pour jour que nos enfants le portent, pour une maladie qui ne les touche pas.

Nous avons maintenant UN AN de recul, et de nombreux professionnels de la santé tirent la sonnette d'alarme sur les conséquences sur les enfants :

du port du masque, 

de la distanciation sociale, 

des discours alarmistes,

des protocoles sanitaires inconstants et incohérents

Le bénéfice - risque est il mesuré?  Nous n'en avons pas l'impression.

Les enfants portent le masque pour se protéger ou protéger les autres d'une maladie dont ils ne sont pas touchés ou si peu. C'est insupportable : STOP à ces mesures maltraitantes sans aucun fondement scientifique.

Fin septembre, la SOCIETE FRANCAISE DE PEDIATRIE a communiqué (extraits) :

- « Il apparait clairement que le principal danger de la COVID-19 pour l’enfant n’est pas celui de développer une forme grave de la maladie mais bien celui d’affecter leur santé mentale par des mesures répétées de fermeture de classe et de confinement, d’entraves au développement des liens sociaux que permet toute collectivité et une culpabilisation déraisonnable concernant leur rôle dans la pandémie ».  

- « De nombreuses données internationales attestent désormais du poids majeur de la crise sanitaire sur la santé mentale des enfants et adolescents, avec l’estimation que pendant la première année de la pandémie 1 jeune sur 4 présentait des symptômes de dépression et 1 sur 5 des symptômes d’anxiété ».

Cette semaine, à propos du retour du masque à l’école, cette même SOCIETE FRANCAISE DE PEDIATRIE déclare que « cette décision n’a pas de sens » , que « la contagiosité ne se fait pas à l’école » et qu’il faut « arrêter de prendre les enfants pour cible au prétexte qu’ils ne protestent pas beaucoup ». Elle conclue en disant que « à la Société française de pédiatrie, nous disons qu’il faut faire évoluer le protocole sanitaire ».

Nous, Collectif Liberté des Enfants du 44, pensons que la reprise de cette mesure «sanitaire» est totalement INJUSTIFIEE et SCANDALEUSE. Une fois de plus, on saute d’un protocole à l’autre sans se soucier de l’intégrité physique et mentale des enfants, et de ce climat anxiogène qu’on leur impose depuis maintenant plus de 18 mois. 18 mois, dans une vie d’enfant ce n’est pas rien !

C'est pourquoi nous lançons un appel pour :

Rassemblement massif mercredi 10 novembre à 11h

devant l’Inspection de circonscription de l’Education Nationale (bd Laënnec - St Nazaire)

avec vos pancartes et banderoles pour défendre les libertés de nos enfants !

Manif 6 nov

Crédit photo Stéphane Guibert - Voir les autres photos par ici

 

 

Prise de parole d'Aurore pour le Collectif Santé de St Nazaire

Aujourd’hui, je comprends ce qu’est la misère.

Je comprends à quel point plus on est au fond du trou, moins on est visibles ou en tout cas moins on souhaite nous voir.

Je comprends à quel point par pudeur, par dégoût, par désintérêt peut-être, par bêtise sûrement, les gens tournent la tête.

Quand je dis les gens, ce ne sont pas seulement les médias, les institutions, le système ou les gens derrière leurs écrans, mais aussi (et c’est ça qui nous tue le plus) ce sont nos collègues, nos familles, nos amis qu’on pensait proches et qui aujourd’hui regardent ailleurs !

Je comprends aujourd’hui à quel point la misère est une dégringolade.

Je comprends à quel point les gens te disent tous (ou presque) un joli « on est là si besoin », mais finalement à quel point ceux qui sont là réellement se comptent sur les doigts d’une main

Je comprends à quel point quand tout va bien on est intéressants aux yeux des intéressés… Et surtout à quel point quand ça ne va pas les portes se referment vite fait !

Aujourd’hui je comprends que parfois ce sont les gens que l’on connaît si peu qui donne tellement. Et les gens que l’on connaît si bien se dérobent gentiment !

Aujourd’hui, la misère dans laquelle on se trouve n’est pas seulement financière, elle est relationnelle, elle est morale, elle est un gouffre béant dans lequel s’effondre tout ce qu’on était !

On a tous tellement donné et aujourd’hui on ne nous retire pas seulement le droit de travailler, on fait mourir en nous une partie de qui on était !

Qui s’engage dans la santé par intérêt ? Pas grand monde, ça se saurait…

Quand on s’engage dans la santé, c’est par conviction, par dévouement, par envie d’améliorer avec nos petits moyens la vie de chacun.

On en a sacrifié des moments importants : des soirées entre amis ou en famille, des Noëls en famille, des anniversaires, des mariages et même des enterrements, tout ça pour nos métiers !

Mais aujourd’hui nombre d’entre nous ont dit stop !

Et peu de gens comprennent que trop c’est trop.

On peut donner beaucoup, mais pas tout !

On peut encaisser beaucoup, mais à un moment, on n’encaisse plus les coups.

Alors voilà la dégringolade qui se met en place : perte du droit de travailler, perte de tout revenu, prélèvements refusés, vente de voiture, vente de maison…

Jusqu’où allez-vous laisser la santé et son personnel se faire piétiner ?

Jusqu’où allez vous regarder la santé s’effondrer et nous avec ?

Ce ne sont pas seulement quelques professionnels suspendus, ce sont des gens dégoutés de leurs métiers, ce sont des étudiants écœurés, et ce sont alors vos soins mis en péril car peu d’entre nous seront capables d’y retourner !

Essayez aujourd’hui de trouver un médecin traitant… Je vous mets au défit de faire le test…

Sachez qu’un médecin suspendu, c’est environ mille patients sans soins…

Alors demain, il ne faudra pas se plaindre d’attendre plus de 2 semaines pour un rdv médical, il ne faudra pas se plaindre d’attendre 8h aux urgences…

Écrivez donc aux ARS, écrivez aux directeurs d’institutions, écrivez à ceux qui appliquent les ordres, pas seulement à ceux qui les donnent.

On m’a toujours dit qu’en tant qu’infirmière, si on me donne une prescription absurde, dangereuse pour mon patient, je suis sensée savoir refuser de l’exécuter pour le bien de celui-ci.

Pourquoi les directions n’ont-elles pas refusées de nous suspendre ?

Pourquoi ont-elles accepté d’appliquer l’inhumain ?

Pourquoi n’avons-nous eu aucun appel depuis tout ce temps ? Ne serait-ce que pour savoir si on était toujours en vie !

6 novembre 2021

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Date de dernière mise à jour : 10/01/2022

Commentaires

  • Blanchard Marc
    • 1. Blanchard Marc Le 20/08/2021
    Je partage à 100% ce beau texte