Des pollinisateurs pour l'amour des fleurs

A la découverte des pollinisateurs

Dimanche 21 mai, Jean-Marie Chatel, animateur nature Beeodiversité, nous a fait comprendre au cours d'une balade, au joli village de Kerhinet en Brière, l'importance du rôle des pollinisateurs en nous expliquant :

- leur cycle de vie,

- leur habitat et leur nourriture,

- la façon dont ils prélèvent le pollen d'une fleur à l'autre et permettent ainsi la production de fruits,

- la différence entre abeilles, bourdons, frelons, guêpes, syrphes et le rôle de chacun,

- comment mieux les protéger,

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Sortie pollinisateurs 3Sortie pollinisateurs 4

De gauche à droite : frelon asiatique, frelon européen (à ne pas détruire), guêpe, bourdons, reine, abeilles

 

 

Nous avons terminé cette sortie nature avec quelques conseils pour accueillir la biodiversité dans nos jardins : mélanger fleurs et légumes au potager, bien choisir et associer ses végétaux, varier la hauteur de tonte ou ne pas tondre certaines parties du jardin, bannir les pesticides (pouvant être remplacés par des solutions naturelles), préserver et créer des refuges pour les insectes et la petite faune, pailler et favoriser un sol vivant...

Nous avons ensuite fabriqué un abri à insectes tout simple en attachant entre eux plusieurs bâtonnets de bambous et de sureau (cela peut être fait avec toutes sortes de tiges à moelle, comme par exemple celles du fenouil). Il ne reste plus qu'à l'accrocher dans un arbuste du jardin pour accueillir quelques pollinisateurs au printemps prochain !

Sortie pollinisateurs 10Sortie pollinisateurs 7

 

 

 

 

Cette sortie nature, instructive, ludique et sympathique, était animée par Jean-Marie Chatel, Beeodiversité, en partenariat avec le Parc Naturel de Brière.

Voir par ici l'agenda des sorties nature : Beeodiversité, animations nature "un brin sauvage"

Sortie pollinisateurs

 

 

 

Les abeilles sauvages encore plus menacées que l’abeille domestique

"On s’intéresse aux oiseaux, aux grenouilles, aux papillons, aux plantes, mais on ne fait pas l’inventaire des abeilles" déclarait Gilles Mahé au début des années 2000.

"Pourtant, 80 % des espèces végétales dans le monde dépendent de la pollinisation par les insectes. Les plantes ne se déplacent pas. Dame Nature a donc mis en place un système de transport du pollen, des fleurs mâles vers les fleurs femelles. Diptères, coléoptères, papillons, tous participent à cette grande œuvre, mais les abeilles sont les plus efficaces".  

Il existe en France un millier d’espèces d’abeilles. On connait l’abeille domestique qui fabrique le miel que nous dégustons. Les médias se sont fait l’écho des difficultés rencontrées par les apiculteurs, mais connait-on les 999 autres espèces d’abeilles qui sont bien plus menacées ? La plupart sont velues. Elles se nourrissent de nectar et transportent le pollen pour nourrir leurs petits, assurant ainsi depuis des millions d’année la pollinisation nécessaire à la reproduction des plantes. 

Depuis quelques années, quelques groupes de naturalistes français rassemblent le fruit de leurs études, recherches et documentations autour des abeilles sauvages.

Le reportage ci-dessous a été réalisé lors d'une sortie "découverte des abeilles sauvages" à la Turballe avec Aurélia Lachaud de Bretagne Vivante.

 

Les abeilles sauvages font le buzz

Elles sont partout mais si peu les connaissent : elles bouchent nos aérations de fenêtres, bourdonnent dans nos courges, pollinisent les pâquerettes, font de la dentelle dans les feuilles de nos arbustes...

Lors d'une sortie proposée par Bretagne Vivante, nous en avons appris un peu plus sur le rôle indispensable que ces alliées ont pour nous le 28 Mai 2016 où nous avions rendez-vous sur la commune de La Turballe avec Aurélia Lachaud, chargée d’études naturalistes.

900 espèces en France

"On a répertorié 900 espèces en France, commente-elle, dans la région, sur 50 ha, nous avons trouvé 121 espèces sauvages sur 4 sites. Les hyménoptères, abeilles, bourdons, sont des insectes aux ailes membraneuses, avec un dard. Ce sont des espèces vivant en colonie, comme les abeilles mellifères, organisées en castes. Les abeilles mellifères (ou "domestiques") sont très nombreuses, entre 30000 et 50000 par colonie pour 10 à 100 dans une colonie de bourdons. Les abeilles terricoles creusent leurs galeries dans les terrains secs et/ou sablonneux, elles vivent en colonie mais ont chacune leur entrée individuelle."

Les fleurs et les abeilles

Nous sommes ensuite partis à la recherche de spécimens, à cette saison de plein floraison nous espérions en trouver facilement mais la nature n'en faisant qu'à sa tête nous en avons dénichés peu ce jour-là. Le premier fut un "bourdon des champs", de la caste des ouvrières, il s'affairait sur un trèfle blanc :

"Les fleurs attirent les insectes avec le nectar, pour se reproduire. Grâce aux insectes les plantes peuvent échanger leur bagage génétique. En début de saison les saules et les ajoncs leur procurent le nectar puis se succèdent différentes floraisons, dont l'aubépine en ce moment qui leur offre une quantité énorme de nourriture. Les haies forment un milieu très intéressant et en règle générale tous les milieux naturels. S'il y a un déficit en eau c'est mauvais pour les insectes car les plantes ont alors du mal à leur fournir du nectar.

Aubepine nectar pour abeilles sauvagesFleurs d ajonc et fruits du saule

Tout comme nous, les abeilles ont leurs préférences pour les fleurs qu'elles visitent. Sur ce biotope, entre les marais et le bocage les lichnis roses du fossé de ceinture, la petite rhineante, le lotier corniculé, le cresson des fontaines, le trèfle, la moutarde des champs, la briorne dioïque, la garance, les boutons d'or... leur fournissent le nectar qu'elles recherchent.

Fleurs du fosse appreciees des abeilles sauvagesPetite rineante

 

Les critères de l'homme

"L'homme classe les animaux selon 3 critères : les espèces utiles, nuisibles ou celles qui ne "servent à rien". Or les abeilles sauvages, qui ne produisent pas de miel, sont vraiment indispensables pour la production légumière et fruitière. Actuellement, à cause de la mortalité des abeilles domestiques, celles qui font le miel, une fausse bonne idée s'est répandue qu'il faut installer des ruches un peu partout, or cela créé un déséquilibre avec les abeilles sauvages puisqu'il n'y a pas plus de fleurs donc pas plus de nourriture à partager... ce qui a pour effet que les abeilles domestiques étant de loin les plus nombreuses elles se servent largement. Dans les sites préservés il ne faut pas mettre de ruches..." 

 

La deuxième abeille prise dans le filet à insectes était un bourdon terrestre, une ouvrière dont les corbeilles étaient pleines de pollen, un peu plus tard un bourdon des jardins a pu également être observé (ils étaient relâchés ensuite) :

"On leur donne des noms simples pour les différencier, les bourdons terrestres ou bourdons des jardins ou encore des champs, sont des espèces proches qu'il faut savoir observer de près pour les différencier, ça tient à peu de choses comme l'emplacement ou la taille d'une rayure...

Le pollen peut être placé soit sur le haut de leurs pattes, soit sur les côtés ou encore sous l'abdomen."

Bourdon des jardins

Leur être utile

On peut aider à la préservation des abeilles sauvages en leur installant des nichoirs dans le jardin, très simples à réaliser ils accueilleront les oeufs des abeilles sauvages. On peut aussi semer des fleurs champêtres dans son jardin : en plus d'être jolies elles attirent les abeilles et participent à la pollinisation des légumes et des fruits, tout le monde y trouve son compte.

Pour ma part j'ai le plaisir de voir revenir dans mon jardin, tous les ans en juin-juillet, la belle abeille charpentière, noire-bleuté (xylocope violet) qui vient butiner les sauges schlarées et uniquement celles-ci !

Xylocoque

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Date de dernière mise à jour : 24/05/2017